Canicule: L'eau pourrait être plus cher en été qu'en hiver

TAXE La mesure permettrait de lutter contre le gaspillage, le risque de pénurie et l'utilisation abusive d'eau, selon François de Rugy

J.-L. D.

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Un robinet d'eau
Un robinet d'eau — Pixabay

Faire payer l'eau plus cher l’été que l’hiver pour lutter contre le gaspillage, c’est le nouveau plan de mesure proposé par le ministre de la Transition écologique François de Rugy et la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon ce lundi pour essayer de limiter le risque de pénurie d'eau, rapporte BFM TV. Au-delà de cette tarification dépendante des saisons, le plan de mesure comprend aussi une utilisation accrue d’eaux usées pour les activités courantes comme le lavage des voitures et l’arrosage des espaces verts, un chiffre qu’ils souhaitent tripler d’ici 2025.

« Il y a une forme de culture de l’eau qui doit évoluer, on s’est trop habitué à avoir des ressources abondantes bon marché », ont déclaré les élus, alors que les risques de canicule vont augmenter avec le dérèglement climatique.

Trois plans d’action prévus

Le gouvernement vise une réduction des prélèvements d’eau de 10 % en 2025 et de 25 % d’ici à quinze ans, grâce à un triple plan d’action : l’économie d’eau, la protection des captages et la préservation des rivières et milieux humides.

C’est pour ce premier point que la tarification saisonnière serait effectuée. Autre idée dans la même veine : rendre l’eau plus cher au-delà d’un certain seuil de consommation. Une tarification « résidences secondaires » est également envisagée. Pour ne pas trop taxer les revenus les plus modestes, les collectivités pourraient adopter un tarif social de l’eau.

Préserver les zones humides

L’exécutif va également donner aux collectivités les moyens de favoriser les pratiques agricoles durables pour préserver la qualité de l’eau à la source. Des engagements seront également pris avec le secteur agricole pour réduire d’ici à 2022 les pollutions de l’eau sur au moins 350 captages.

Mille captages d’eau prioritaires ont été identifiés en 2013. Chacun d’entre eux doit disposer d’un plan d’action spécifique. Cela devrait être le cas de la totalité pour 2021, alors que, pour le moment, seule la moitié dispose d’un tel plan. D’ici à 2020, 25.000 kilomètres de cours d’eau seront également restaurés, et d’ici à 2030 la superficie des aires protégées contenant des milieux humides sera doublée.