Féminicides: Un collectif de proches de victimes réclame à l’Etat d’en faire plus

VIOLENCES Soixante-dix femmes sont déjà mortes, tuées par leur compagnon ou ex-compagnon, depuis janvier, en France

Rachel Garrat-Valcarcel

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Le nombre de féminicides stagne ces dernières années en France. (illustration)
Le nombre de féminicides stagne ces dernières années en France. (illustration) — ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Ils et elles veulent interpeller l’Etat et les différentes institutions sur un fléau qui ne recule pas :  les féminicides. En 2017, 130 femmes au moins sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en France. Cette année, en juin, elles sont déjà au moins 70. Insupportable, notamment pour le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides qui vient de se créer.

Ce dimanche, celui-ci a lancé un appel, « Protégez-les ! » dans le journal Le Parisien. « Certes il n’y a qu’un seul coupable : l’homme qui les a tuées. Mais il y a une chaîne de responsabilité parce qu’elles n’ont pas été suffisamment protégées », estiment les auteurs de cette tribune. « Elles ne reviendront pas. Pour nous c’est trop tard. Mais nous pouvons empêcher que d’autres familles vivent ces tragédies. »

Un Grenelle des violences faites aux femmes

Pour ce collectif de nouvelles mesures sont nécessaires, mais il s’agirait avant tout d’appliquer l’actuel arsenal judiciaire contre les violences conjugales. Aujourd’hui, il serait peu ou mal appliqué. Nombre de plaintes déposées par des femmes victimes de violences se transformeraient en simples mains courantes.

Pour venir à bout de ces problèmes, les auteurs de cet appel veulent organiser avec les différents acteurs, et notamment les pouvoirs publics, un « Grenelle des violences faites aux femmes ». « Nous demandons solennellement au président de la République d’être le premier homme politique français à mettre fin à ce massacre. »