Marseille: «La canicule de 2003? Je me souviens bien, c’était infernal. Là, ça va!»

CHALEUR Reportage à Marseille, placée en vigilance rouge canicule comme le reste du département

Caroline Delabroy

— 

L'épisode caniculaire à Marseille doit durer jusqu'à dimanche.
L'épisode caniculaire à Marseille doit durer jusqu'à dimanche. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • A Marseille, les parents sont invités à garder leurs enfants à la maison.
  • Pour les personnes que nous avons rencontrées, le ressenti n’est pas encore celui de 2003, où la canicule avait duré longtemps.

Des parents vent debout et la température qui monte d’un cran. L’ambiance n’est pas celle habituelle des fins de semaine devant cette école maternelle du quartier Longchamp à Marseille. « Vous ne pouvez pas garder votre enfant, au moins l’après-midi ? », demandent de concert enseignants et personnels municipal de cette école aux parents. « Il aurait fallu le dire avant », réagit une maman d’élève. « C’est drôle, parce que par rapport à hier, je ne vois pas de grosse différence », commente une autre, alors que le département est placé ce vendredi en vigilance rouge canicule.

Les écoles vendredi à Marseille conseillent aux parents de garder les enfants à la maison.
Les écoles vendredi à Marseille conseillent aux parents de garder les enfants à la maison. - C. Delabroy / 20 Minutes

« On dirait que c’est la guerre », sourit de son côté Agnès, 46 ans, un peu étonnée de ce ramdam. « Ce qui surprend, c’est qu’on est en juin et qu’il n’y a pas eu de printemps, on passe direct à l’été, mais lundi cela devrait être fini la canicule. Cela n’a rien à voir avec 2003. C’était infernal, je me souviens. La vieille maison familiale, où on n’avait jamais eu chaud de toute notre vie, n’arrivait pas à garder la fraîcheur. Cela a été le point de rupture. Là, ça va ».

« L’enfer malgré les ventilateurs braqués sur nous »

A l’époque, Amine, 50 ans, travaillait dans une supérette sur le boulevard National, près de la gare. « Personne ne venait profiter de la clim l’après-midi, tout le monde restait chez soi à l’intérieur, se souvient-il. On n’arrivait pas à bouger, rester debout. » Rien de tel selon lui ces jours-ci. En attendant son frère, il profite de la fraîcheur du centre Bourse, en plein centre-ville de Marseille. « Je ne vais pas rester ici toute la journée, plaisante-t-il. Que feraient les gens s’ils étaient en Afrique de l’Ouest où il fait plus de 40 degrés à l’ombre ? » Derrière lui, les portes du musée d’histoire de Marseille sont grandes ouvertes. Il est nulle part indiqué que la ville a décidé de rendre son accès gratuit, comme tous les autres musées et les piscines municipales ouvertes.

Laurent, 41 ans, déambule là avec son fils de 4 ans et demi, avant un rendez-vous. « Je ne travaille pas aujourd’hui, ils m’ont conseillé de le garder, confie-t-il. La cour est en plein soleil, déjà hier, ils ne sont pas sortis. » Et d’ajouter, un peu sceptique : « Il fait chaud oui, mais on a déjà eu des chaleurs comme ça, je trouve qu’on en fait tout un plat quand même. » Plus loin, Anne, 64 ans, attend l’ouverture d’une boutique. Depuis le début de la semaine, elle ne se rend plus à sa salle de sport. Elle est climatisée pourtant, mais à un quart d’heure de trajet de chez elle, à Plan-de-Cuques. « Je suis les conseils, je bois beaucoup, j’ai toujours une bouteille sur moi. Après je suis une privilégiée, je ne travaille plus comme en 2003, je reste chez moi avec des ventilateurs. Quand je vois les ouvriers qui refont la façade de mon immeuble, c’est autre chose. »

L’atelier de Stéphanie, styliste, 36 ans, est lui aussi chaud. Mais, pour le moment, pas autant que son souvenir de l’été 2003. « J’étais étudiante, je vivais en HLM, il n’y avait pas d’air, on étouffait, c’était l’enfer malgré les ventilateurs braqués sur nous. ». Elle se rappelle très bien encore du choc en descendant du train à Lille, pour s’inscrire en master : « Il faisait de mémoire 22 degrés, j’ai eu des frissons ! Attendons dimanche, mais je n’ai pas l’impression que ce soit comme alors. Après, je trouve ça bien qu’on s’inquiète pour les enfants et les personnes âgées, je peux comprendre. »