Paris: Six hommes victimes d'une violente agression homophobe

JUSTICE L'auteur présumé a été placé en détention provisoire et une information judiciaire pour «violences commises en état d'ivresse et en raison de l'orientation sexuelle des victimes» a été ouverte

20 Minutes avec AFP
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 Selon SOS Homophobie, les agressions physiques envers les personnes LGBT ont atteint un record en 2018 avec 231 faits signalés.
Selon SOS Homophobie, les agressions physiques envers les personnes LGBT ont atteint un record en 2018 avec 231 faits signalés. — GEORGES GOBET / AFP

Six hommes ont été victimes d’une agression homophobe dimanche à Paris et l’auteur présumé a été placé en détention provisoire, a-t-on appris jeudi de sources concordantes, confirmant une information du magazine Têtu.

« Les six hommes, dont quatre étaient en couple, se baladaient dans le quartier (parisien) des Pyrénées dimanche vers 20h lorsqu’un homme s’est attaqué à quatre d’entre eux », a expliqué à l’AFP, l’avocat de cinq d’entre eux, Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod. L’homme, « imposant physiquement » et qui se promenait avec une femme et deux enfants, « a asséné des coups sans raison apparente », a ajouté l’avocat qui a précisé qu’il n’y a eu ni « provocation » ni « incitation » de la part de ses clients, également victimes d’insultes homophobes.

Double fracture de la mâchoire

Les policiers, prévenus par des passants qui filmaient la scène selon l’avocat du sixième homme, Me Philippe Baron, sont rapidement intervenus pour mettre fin à l’agression qui a duré une quinzaine de minutes. Son client a été admis aux urgences avec une double fracture de la mâchoire tandis que les trois autres se sont vu prescrire entre un à sept jours d’ITT.

L’auteur présumé a « été déféré au parquet le 26 juin et présenté à un juge d’instruction », a-t-on appris auprès du parquet. Une information judiciaire a été ouverte pour « violences commises en état d’ivresse et en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre des victimes ayant entraîné des incapacités inférieures et supérieures à 8 jours ». Il a été placé en détention provisoire, a ajouté le parquet.

Les victimes présumées « sont profondément choquées et restent à ce jour traumatisées par la violence gratuite dont ils ont été victimes », a témoigné Me Boué Diacquenod. Selon SOS Homophobie, qui compte se porter partie civile tout comme Stop Homophobie, les agressions physiques envers les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans) ont atteint un record en 2018 avec 231 faits signalés, selon leur rapport annuel.