Laure Vitou médiatise sa lutte contre la leucémie pour sensibiliser au don de moelle osseuse.
Laure Vitou médiatise sa lutte contre la leucémie pour sensibiliser au don de moelle osseuse. — Mathilde Lacrouts / Provale

SOLIDARITE

Toulouse: Rugby, foot... Comment Laure Vitou, atteinte d'une leucémie, a lancé une grande mobilisation pour le don de moelle osseuse

Laure Vitou, 35 ans, souffre d’une leucémie aiguë. Au-delà de son cas, la directrice générale de Provale, le syndicat des joueurs de rugby, passée auparavant par la FFF, veut populariser le don de moelle osseuse

  • Atteinte d’une leucémie aiguë, Laure Vitou a besoin d’un don de moelle osseuse.
  • La jeune femme de 35 ans est directrice générale de Provale, le syndicat des joueurs de rugby professionnel, après avoir travaillé pour la Fédération française de football.
  • Elle a créé autour d’elle une vaste mobilisation pour sensibiliser la population au don de moelle osseuse, mal connu en France.

Lutter, pour soi bien sûr, mais aussi pour les autres malades. C’est ce que fait Laure Vitou depuis quatre mois. Fin février, la jeune femme de 35 ans se voyait diagnostiquer une leucémie. Après l’échec de deux chimiothérapies, cette maman de deux enfants de trois et cinq ans a désormais besoin d’une greffe de moelle osseuse. Elle a décidé de médiatiser son combat pour mieux faire connaître cette cause.

« Si je n’arrive pas à le faire, de nombreux patients seuls dans leur chambre d’hôpital n’y arriveront pas », explique la directrice générale de Provale, le syndicat des joueurs de rugby professionnel, dont le siège se trouve à Toulouse. « Mais cela m’a dépassée complètement », avoue-t-elle devant l’engouement autour de son histoire, relayée d’innombrables fois sur les réseaux sociaux par des personnalités de tous horizons.

« Dans le milieu du rugby, Thierry Dusautoir et Bryan Habana [ancien ailier de Toulon, champion du monde 2007 avec l’Afrique du Sud] m’ont spontanément demandé ce qu’ils pouvaient faire pour m’aider. Mais de là à ce que ça revienne vers le foot, que ça prenne cette ampleur… »

Avant Provale, elle travaillait à la FFF

Car, avant de rejoindre Provale voici trois ans et demi, Laure Vitou a travaillé durant six ans à la FFF. Elle y officiait notamment comme coach éducatif auprès des équipes de France de jeunes, filles comme garçons, qui devaient préparer des examens scolaires alors qu’ils participaient à des compétitions. D’où, par exemple, la vidéo pleine d’émotion et d’affection de Griedge Mbock, la défenseuse des Bleues, « que j’ai suivie des U16 aux U19 », précise la Toulousaine originaire de Collioure, dans les Pyrénées-Orientales.

Laure Vitou veut lutter contre « le problème de mal-information » qui touche selon elle la France, « où il n’y a que 300.000 donneurs de moelle osseuse contre sept millions en Allemagne ». « Pour le don du sang, nous sommes plutôt bien sensibilisés, mais cela va rarement jusqu’au don de moelle osseuse. Alors que quand on explique, les gens sont volontaires. »

Il s’agit donc de lutter contre les idées fausses, par exemple celle qui veut que la moelle osseuse soit prélevée dans la colonne vertébrale. « Dans 75 % des cas, cela se fait par voie sanguine, avec le filtrage de cellules-souches, explique la DG de Provale. Dans les 25 % restants, cela passe par une piqûre dans le bassin, qui n’est pas la fin du monde. »

Laure Vitou (avec la jupe blanche) avec les autres salariés de Provale.
Laure Vitou (avec la jupe blanche) avec les autres salariés de Provale. - Mathilde Lacrouts / Provale

En France, le registre des donneurs volontaires de moelle osseuse est géré par l’Agence de la biomédecine. Chaque année dans notre pays, plus de 2.000 personnes ont besoin d’un tel don. « Si l’on prend deux personnes au hasard, il y a une chance sur un million pour qu’elles soient compatibles », lance Laure Vitou. Faute de compatibilité familiale, le malade doit compter sur le registre international de donneurs, ce qui est le cas de la jeune femme.

Après avoir retrouvé sa famille le 20 juin, elle sera de nouveau hospitalisée, début juillet, pour suivre une immunothérapie. « Il s’agit de faire baisser le taux de maladie résiduelle. » Un traitement nécessaire avant toute greffe de moelle osseuse.