Un policier. (Illustration)
Un policier. (Illustration) — Caroline Girardon

POLEMIQUE

Evreux: Le directeur de la sécurité équipé comme un policier, un syndicat évoque une nouvelle affaire Benalla

D’après certaines photos, le fonctionnaire portait un casque, un spray à la ceinture ainsi qu’un gilet semblable à ceux des forces de l’ordre

Se dirige-t-on, à moindre échelle, vers une nouvelle affaire Benalla ? Quoi qu’il en soit, la mairie d’Evreux ( Eure) est dans l’embarras depuis des révélations concernant l’encadrement d’une manifestation. Un syndicat de police a saisi le parquet de la ville pour dénoncer la présence du directeur de la sécurité de la mairie dans une tenue similaire à celle des forces de l’ordre, selon eux, a-t-on appris ce mercredi de sources concordantes.

« J’ai été saisi sur des faits concernant le directeur de la sécurité à la ville d’Évreux. J’attends de recevoir les éléments par courrier avant d’ouvrir une enquête », a indiqué Dominique Puechmaille, procureure de la République d’Évreux.

Un casque, un spray à la ceinture et un gilet

La Dépêche d'Évreux, qui a révélé l’affaire, a publié une série de clichés où l’on voit le fonctionnaire de la mairie LR, vêtu d’un casque, portant également un spray à la ceinture et un gilet semblable à ceux des forces de l’ordre. « Serions-nous devant une nouvelle affaire Benalla ? », a réagi dans un communiqué l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux (USPPM) qui a demandé que soit saisie l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Pour Bernard Vellutini, en charge du contentieux à l’USPPM, « sans y être habilité, l’homme est porteur d’une bombe lacrymogène ». Selon lui, les photos ont été prises lors d’une manifestation des Gilets jaunes à Évreux le 26 janvier 2019.

« Aucune légitimité à intervenir »

« Il était muni d’un gel poivre et non d’une bombe lacrymogène », répond Nicolas Gavard Gongallud, adjoint au maire à la sécurité, et « à aucun moment, il n’avait sur lui de sigle police ». « Ce monsieur ne dispose d’aucune légitimité à intervenir dans le domaine de la sécurité publique et du maintien de l’ordre », affirme de son côté l’USPPM dans son courrier transmis au parquet d’Évreux.

« Je ne comprends pas que l’on mette en cause ceux qui ont défendu la ville. Ce jour-là, mes agents ont été obligés de faire du maintien de l’ordre, les agents de la police nationale étant mobilisés ailleurs à ce moment », a fait savoir Nicolas Gavard Gongallud, interrogé par l’AFP.