Grenoble : « Les conditions ne sont pas réunies pour permettre une réouverture des piscines », selon la mairie

GROGNE Les maîtres-nageurs sont débordés en raison du manque d’effectifs et réagissent également aux opérations des femmes en burkini

E.F. avec AFP
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Une piscine. (Illustration)
Une piscine. (Illustration) — Chameleons Eye/REX/REX/SIPA
  • Les deux piscines municipales de Grenoble sont fermées depuis mercredi.
  • Les agents ont décidé d’user de leur droit de retrait en raison de la multiplication des incivilités.
  • Ces deux équipements ont notamment été investis en mai puis dimanche dernier par des femmes en burkini voulant faire évoluer le règlement des piscines refusant l’accès aux bassins en maillot couvrant.

La nouvelle action « burkini » envisagée dimanche par l’Alliance citoyenne de Grenoble, (Isère) pourrait bien faire plouf. Les deux piscines municipales de la ville, fermées depuis mercredi, ne rouvriront pas ce jeudi au public, la municipalité estimant que les conditions ne sont pas réunies pour permettre leur réouverture.

Aux Dauphins et à Jean-Bron, les personnels ont usé de leur droit de retrait le 25 juin pour dénoncer la multiplication des incivilités. Un ras-le-bol dû en partie aux deux opérations des femmes en burkini qui se sont déroulées dans ces établissements nautiques en mai puis dimanche dernier.

« Les maîtres-nageurs subissent actuellement un contexte social compliqué car il est difficile d’en recruter, et ils sont à Grenoble l’objet d’opérations communautaires », victimes de « campagnes d’intimidation incitant à contrevenir au règlement », a indiqué la mairie à l’AFP. La municipalité travaille avec les agents pour trouver une issue positive et leur permettre de reprendre le travail.

Un groupe appelle à se baigner nu

Vivement critiquées sur le plan politique par les élus LR et du Rassemblement national, les opérations burkini, visant à faire évoluer le règlement intérieur des piscines, ont créé la polémique entre le maire écologiste, Eric Piolle, qui souhaiterait que le gouvernement fixe clairement les règles en la matière, et la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui l’accuse d’ambiguïté. L’opposition municipale n’a pas manqué de tacler à plusieurs reprises l’édile, le jugeant trop laxiste sur ce dossier.

Pas opposé sur le principe à un débat sur le sujet, Eric Piolle a cependant rappelé cette semaine que le règlement des piscines n’évoluerait pas cet été, les conditions d’un débat serein n’étant pas réunies, et que les contrevenantes seraient sanctionnées.

Sur les réseaux sociaux, la situation grenobloise fait également beaucoup réagir. Un groupe a même lancé un appel sur Facebook à se baigner nu si les nageuses en burkini réapparaissaient. Mercredi matin, la situation a également dégénéré à la piscine Jean-Bron après qu’un homme a insisté pour se baigner en short de bain, estimant qu’il n’y avait pas de raison qu’il n’enfreigne pas également le règlement.

Autant de tensions et menaces d’actions qui risquent fort de repousser la réouverture des deux piscines municipales de la ville.