«Gilets jaunes»: Les dégradations ont engendré 217 millions d'euros d'indemnisation

ASSURANCES Un rapport sur les conséquences économiques des violences commises en marge des manifestations des « gilets jaunes » a été présenté

20 Minutes avec AFP

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Les commerçants du cours Pasteur à Bordeaux sont en première ligne lors des manifestations "gilets jaunes"
Les commerçants du cours Pasteur à Bordeaux sont en première ligne lors des manifestations "gilets jaunes" — M.Bosredon/20Minutes

Fin mai, les assurances avaient versé 217 millions d’euros d’indemnisations, notamment en direction des commerçants, pour réparer les dégâts matériels liés aux manifestations des «gilets jaunes», selon un rapport du Sénat dont Le Parisien a eu connaissance mercredi.

Ce rapport a été présenté devant la commission des Affaires économiques du Sénat par Evelyne Renaud-Garabédian, rapporteure du groupe du travail relatif aux conséquences économiques des violences commises en marge des manifestations des «gilets jaunes», mouvement entamé mi-novembre.

Une perte de 30 % du chiffre d’affaires pour les commerçants depuis six mois

« Ces violences ont eu des conséquences économiques directes : dégâts matériels liés à la casse, aux incendies, aux pillages, que les assurances ont indemnisé partiellement à hauteur de 217 millions d'euros fin mai 2019 », résume le groupe de travail. Il évoque également les pertes d’exploitation, « largement non-indemnisables, qui s’élèvent en moyenne à 30 % du chiffre d’affaires pour les commerçants et artisans des centres-villes depuis six mois ».

«Un tel niveau de pertes est insoutenable. Elles sont liées tout à la fois aux fermetures le samedi et à la baisse de consommation, y compris les autres jours de la semaine, en raison de changements structurels d’habitudes de consommation (par exemple, un report partiel vers le commerce en ligne) », résume le groupe de travail.

Des répercussions financières importantes

Le rapport estime cependant que «les conséquences les plus graves et insidieuses sont à venir», ceci alors que « la participation au mouvement s’estompe ».

Il met ainsi en avant « l’assèchement de la trésorerie de ces entreprises, difficultés (voire impossibilité) de régler les cotisations sociales et de s’acquitter des impôts, retards ou défauts de paiement vis-à-vis de leurs fournisseurs, dégradation de la qualité de leur dossier bancaire, hausse des primes d’assurance, difficultés d’approvisionnement, dégradations et ruptures de stocks, répercussions sur le patrimoine et la vie personnelle de l’employeur ».

Vers la création d’un fonds d’indemnisation des pertes d’exploitation ?

Le groupe de travail de sénateurs juge que «la responsabilité de l'État doit être engagée en raison de troubles qui découlent directement de la carence de ses services ».

Il estime qu’il faut « contraindre l’État à prendre ses responsabilités », via notamment la création d’un fonds d’indemnisation des pertes d’exploitation qui serait « national » et pas « local » pour éviter les différences de traitement sur le territoire. Le rapport appelle aussi à « assurer efficacement le maintien de l’ordre public » et « à amplifier l’effort de renseignement en amont ».