Un panneau de signalisation affiche un message de prévention pour la canicule sur l'autoroute A25 à Lille, le 26 juin 2019.
Un panneau de signalisation affiche un message de prévention pour la canicule sur l'autoroute A25 à Lille, le 26 juin 2019. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

CHALEUR

Canicule: Pollution à l'ozone et risques sanitaires... Le pic d'intensité prévu jeudi et vendredi

Désormais, 78 départements ont été placés par Météo-France en vigilance « orange » à la canicule

Alors que la France croule sous la chaleur depuis le début de la semaine, le mercure va encore monter d’un cran ce jeudi et vendredi, où le pic d’intensité de la canicule est attendu. Ces records seront accompagnés d’une pollution à l’ozone et de risques sanitaires non négligeables.

Mercredi, Météo-France​ a placé 13 départements supplémentaires en vigilance « orange » à la canicule, portant à 78 le nombre de départements concernés. L’alerte s’étend à nouveau vers le sud et vers l’ouest du pays, n’épargnant que les côtes de la Manche et de la mer du Nord, et quelques zones du Sud-Ouest.

« Le plus dur reste à venir »

A l’échelle du pays, cette journée de jeudi sera sans doute la plus chaude de l’épisode. Sur les deux tiers sud de la France, les températures pourront être encore plus élevées que la veille. Mercredi, pour la première fois depuis le début de cette canicule exceptionnelle pour un mois de juin, la barre des 40°C a été franchie, avec 41,1°C à Montclus (Gard), 40,6°C à Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône), 40°C à Apt (Vaucluse). Et 40,9°C à Clermont-Ferrand qui bat son record absolu de température.

Mais cette vague de chaleur, qui risque de se répéter en raison du réchauffement de la planète, va encore s’amplifier. « Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est que le recours au soin commence à augmenter (…) On commence à avoir un impact de la chaleur », a déclaré Jérôme Salomon, directeur général de la Santé en appelant à la vigilance, et pas seulement pour les personnes sensibles et les enfants, mais pour tous. « On s’attend à un impact sanitaire significatif qui sera potentiellement décalé », a-t-il souligné, en rappelant que « le plus dur reste à venir avec un pic au-delà de 40 degrés ».

Un retour à la normale attendu en milieu de semaine prochaine

Ainsi, le mercure devrait encore grimper jeudi avec 38 à 41°C attendus au sud de la Loire. Et pour vendredi, des « températures exceptionnelles » sont annoncées en basse vallée du Rhône, de 42 et 44°C. Face à la canicule, le groupe Accor, qui exploite près de 1.700 hôtels en France, a annoncé mercredi soir qu’il allait ouvrir les espaces climatisés ou « rafraîchis » de ses établissements aux personnes âgées « en situation de fragilité ». Ils seront rendus accessibles à partir de jeudi, de 9 à 19 heures, jusqu’à samedi inclus.

« Vendredi, on peut battre localement le record national », a indiqué la prévisionniste Christelle Robert. La maximale française date du 12 août 2003 avec 44,1°C enregistrés à Saint-Christol-lès-Alès et Conqueyrac, dans le Gard. Samedi, la région parisienne vivra sa journée la plus chaude (entre 38 et 40°C). « Il faudra attendre au minimum jusqu’à mardi pour voir l’ensemble du pays retrouver des températures moins élevées, mais qui devraient rester au-dessus des normales de saison », a mis en garde Météo-France.

Circulation différenciée à Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg et Annecy

Sur une partie du pays, de l’Ile-de-France au Grand-Est et à Rhône-Alpes, cette canicule s’accompagne d’une pollution à l’ozone, irritant pour les poumons. Cet épisode classique des vagues de chaleur – l’ozone se formant par réactions chimiques sous l’effet du soleil – a entraîné la mise en place de la circulation différenciée mercredi à Paris, Lyon et Annecy. Jeudi, ces restrictions seront reconduites dans la capitale et à Lyon, et commenceront à Marseille pour la première fois, et à Strasbourg.

La SNCF a annoncé un ralentissement de la circulation sur certaines lignes. Cet épisode sans précédent par son intensité et sa précocité – et ce depuis 1947 et l’établissement de relevés détaillés – ravive le souvenir de la canicule d’août 2003, qui avait généré une surmortalité de 15.000 personnes sur plus de 15 jours (plus de 70.000 en Europe).