Canicule à Montauban: La mairie bloque l'ouverture d'un centre d'accueil pour SDF

SOCIETE Mais le préfet du Tarn-et-Garonne a décidé de lui forcer la main. Il a réquisitionné le bâtiment à compter de jeudi matin

H.M.

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La maire de Montauban, Brigitte Barèges.
La maire de Montauban, Brigitte Barèges. — REMY GABALDA AFP
  • Le préfet de du Tarn-et-Garonne a réquisitionné à Montauban un centre d’accueil de jour pour les sans-abri.
  • Il force ainsi la main à la maire, Brigitte Barèges (LR), qui s’oppose à l’ouverture de ce centre.
  • Elle dénonce un complot politique.

Les sans-abri de Montauban, où le thermomètre flirte avec les 40 °C, devraient enfin avoir ce jeudi matin un local pour se mettre au frais. Avec douches et toilettes. L’annonce a été faite mercredi soir, dans un communiqué, par Pierre Besnard, le préfet du Tarn-et-Garonne, qui a décidé de réquisitionner ce centre d’accueil flambant neuf.

Fermé malgré les fortes chaleurs et pourtant prêt à fonctionner, cet accueil de jour est au cœur d’une polémique, révélée ce mercredi par Le Monde, entre la mairie de Montauban et la douzaine d’associations caritatives chargées de le gérer par l’Etat. Selon le quotidien, la mairie de Montauban empêcherait son ouverture en refusant la visite des pompiers et donc de la commission de sécurité. Or, son aval est indispensable pour ouvrir le bâtiment au public. L’affaire a ému jusqu'à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

En annonçant une réquisition, valable jusqu’au 15 septembre en vertu du dispositif canicule, le représentant de l’Etat a donc décidé de forcer la main à Brigitte Barèges (LR), la maire de Montauban, connue pour ses prises de position très droitières.

Le préfet a par ailleurs décidé de saisir en référé le tribunal administratif. Il considère que l’opposition de la mairie à l’ouverture de cet accueil de jour « manque de base légale ».

La maire dénonce une polémique « politicienne »

Dans un communiqué diffusé mercredi soir, Brigitte Barèges déplore « l’ampleur médiatique qu’a prise cette affaire » et la soupçonne d’être orientée à des « fins politiciennes au plus haut niveau en prévision des futures municipales ».

L’édile précise qu’elle n’a pas attendu le préfet pour mettre en place son plan canicule, citant notamment l’ouverture du self de la cuisine centrale pour les personnes sans domicile.

Brigitte Barèges réitère aussi son hostilité au nouvel accueil de jour : « En fait, l’association Montauriol, qui ne craint pas de mélanger les genres, essaie d’obtenir l’ouverture d’une structure qui se rajouterait à tous les dispositifs déjà existants pour l’accueil des demandeurs d’asile sur la ville, affirme-t-elle, dispositif qui relève de la compétence de l’Etat ».