Des associations alertent sur les coupes budgétaires dans certains centres d'accueil des sans-abri

SOLIDARITE Ces structures ont vu leur budget chuter de 20 millions d’euros en 2018

20 Minutes avec AFP

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Un restaurant social qui accueille des sans-abri (image d'illustration).
Un restaurant social qui accueille des sans-abri (image d'illustration). — C. Allain / 20 Minutes

Moins de travailleurs sociaux, « arrêt des repas chauds » et craintes de devoir refuser les plus pauvres… Les centres pour sans-abri ont alerté ce mardi sur les « conséquences désastreuses » des coupes budgétaires imposées à  l’hébergement d’urgence.

Depuis plusieurs mois, ces gestionnaires sont vent debout contre le plan d’économies dicté par le gouvernement aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Ces structures, qui représentent un tiers du parc d’hébergement d’urgence avec leurs 44.000 places et accueillent notamment les publics les plus précaires (femmes victimes de violences, ex-détenus), ont vu leur budget chuter de 20 millions d’euros en 2018, au nom d’une réforme pour harmoniser leurs tarifs.

Une « dégradation » de l’accueil

Alors que d’autres coupes sont prévues d’ici 2021, la Croix Rouge, la Fédération des acteurs de la solidarité (qui regroupe les gestionnaires de 80 % des centres d’hébergement) et d’autres acteurs associatifs ont dévoilé ce mardi une enquête qui révèle les « répercussions inquiétantes » de ces économies « sur l’accompagnement social » des sans-abri.

Réalisée entre janvier et mars auprès de 190 CHRS (sur les 880 existants), cette étude montre que 41 % des centres ont « dégradé la qualité de l’accompagnement proposé », soit en réduisant le nombre de travailleurs sociaux, soit en renonçant à certaines prestations. « Diminution du temps consacré à une personne, […] fermeture des restaurants, arrêts des repas chauds, des petits-déjeuners » font partie des conséquences concrètes citées par certains dirigeants de ces centres, selon l’enquête.

Augmenter les frais réclamés aux sans-abri

Une petite partie de ces structures (16 %) « s’inquiètent d’un risque de sélection » à l’entrée des CHRS. Certains envisagent de faire augmenter les frais (actuellement minimes) réclamés aux sans-abri hébergés pour compenser les coupes, ce qui pourrait les conduire à « refuser les plus précaires ».

Les associations dénoncent également une réforme de convergence tarifaire qui a touché majoritairement les centres dont les coûts de fonctionnement étaient déjà au-dessous du tarif moyen. Avant l’allocation du budget pour 2020, elles réclament au gouvernement un « moratoire dans la mise en œuvre de ce plan d’économies ». Ces coupes dans l’hébergement d’urgence avaient déjà fait polémique début mars, après la publication de photos officielles d’Emmanuel Macron auprès de sans-abri lors d’une maraude de nuit.

Le ministère du Logement avait alors mis en avant la hausse globale du budget consacré à l’hébergement d’urgence, et annoncé que la baisse totale des crédits affectés aux CHRS entre 2018 et 2021, initialement fixée à 57 millions d’euros, serait finalement moindre.