Marseille pour les nuls (7/10): Les Marseillais sont-ils les pires conducteurs de France?

MARSEILLE EN QUESTIONS Marseille est connue en France pour ses diverses spécialités locales : son savon, sa bouillabaisse… Et son Code de la route. Virée dans le centre-ville marseillais

Raphaël Khayat

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La circulation complètement bloqué dans Marseille.
La circulation complètement bloqué dans Marseille. — GERARD JULIEN / AFP
  • La rédaction marseillaise de 20 Minutes répond, tout au long de cet été 2019, aux grandes questions que les touristes se posent en arrivant à Marseille.
  • La conduite en centre-ville s’annonce particulièrement dangereuse selon des Marseillais. « Et vu la conduite de certains, se déplacer à pied, ce n’est pas plus sécurisé ! »
  • Selon une monitrice d’auto-école, « c’est très compliqué d’apprendre à conduire à Marseille, mais c’est aussi beaucoup plus formateur qu’ailleurs ».
  • Dans la cité phocéenne, les suspensions administratives de permis sont majoritairement liées à l’alcool. Deux fois plus qu’aux excès de vitesse et la consommation de stupéfiants, précise la préfecture.

Ils cherchent l’ombre et la « Bonne Mère », s’entassent par centaines dans le petit train sur le Vieux-Port et se posent des dizaines de questions. Chaque année, sept millions de touristes visitent Marseille, selon un comptage, optimiste, de la mairie. Tout au long de cet été 2019, la rédaction marseillaise leur simplifie la vie, en répondant à quelques interrogations, majeures ou anecdotiques. Ce vendredi, on tente de vérifier un stéréotype : les Marseillais sont-ils les pires conducteurs de France ?

Pas besoin d’aller bien loin pour analyser les talents de conducteurs des Marseillais. A deux pas de la rédaction de 20 Minutes​ Marseille, le spectacle commence déjà. Cours Pierre-Puget, un automobiliste rentre dans le parking par la sortie et bloque deux voitures. Le problème sera vite résolu : « Et tu vas la bouger de là ta caisse ! ? ! » Simple. Efficace. Bienvenue à Marseille.

Aborder le sujet de la conduite marseillaise en ville, c’est un peu comme jouer à pile ou face. Soit c’est un éclat de rire qui vous attend, soit une haine qui macère depuis des années. Hakim, lui, l’assume avec un grand sourire : « Conduire à Marseille, c’est la cata ! La ca-ta, répète-t-il. Il n’y a pas d’autres mots. Surtout en centre-ville, c’est impossible. Et vu la conduite de certains, se déplacer à pied, ce n’est pas plus sécurisé ! »

Marseille, bête noire des assureurs

C'est à Marseille que les assurances auto sont les plus chères. 701 euros par an pour assurer un SUV neuf (tous risques), contre 452 euros dans les Deux-Sèvres ou 563 euros dans le centre de Paris, selon une étude d'Aujourd'hui en France. Alors pour quelle raison ? Une conduite plus à risque ? Plus de tôle froissée qu’ailleurs ? Sans aucun doute. Les assureurs fonctionnent selon un principe simple : plus il y a de sinistres (vols et accidents), plus les tarifs sont élevés.

Malheureusement, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas été en mesure de nous fournir des comparaisons chiffrées avec les autres départements français. Seule info, cette légère progression des pilotes marseillais : le nombre d’infractions sur la route est en baisse de 4 % en ce début 2019.

Mais du côté des auto-écoles, impossible de nier : les Marseillais ont leur propre Code de la route. « Dans cette ville, personne ne connaît les régimes de priorité », hallucine Anna, monitrice d’auto-école originaire d’ Ile-de-France. Entre le fait de devoir s’imposer en permanence sur la route et d’esquiver un flot d’insultes quotidien, la jeune femme a dû s’adapter. Elle admet tout de même quelques vertus à la conduite locale :

C’est très compliqué d’apprendre à conduire à Marseille, mais c’est aussi beaucoup plus formateur qu’ailleurs. C’est une très bonne école… Il faut juste avoir les nerfs solides. Une fois qu’on sait conduire à Marseille, on sait conduire partout ! »

Malgré l’amour que porte le Marseillais à sa voiture, même pour les plus petits trajets, il lui fait parfois des infidélités. Des infidélités majoritairement jaunes… et qui se boivent. « Même après un apéro, si on doit prendre la voiture, on prend la voiture, s’exclame Jérémy sur le Vieux-Port. On ne va pas abandonner le volant après deux Ricard. »

Carton jaune

Dans la cité phocéenne, les suspensions administratives de permis sont majoritairement liées à l’alcool. Deux fois plus qu’aux excès de vitesse et la consommation de stupéfiants, précise la préfecture. « Ce n’est pas toujours notre faute, hésite David. La ville est pleine de travaux en ce moment, ça n’aide personne ! » Les Marseillais ne brillent pas forcément par leur conduite exemplaire, mais question mauvaise foi, ils restent maîtres en la matière.