Rennes: Bars et restos vont dire adieu aux terrasses chauffées et aux barnums

COMMERCE L’interdiction prendra effet à partir du 1er janvier 2020 avec une période de transition jusqu’en 2022

Jérôme Gicquel

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Les barnums, comme ceux installés place du Champ-Jacquet seront interdits à Rennes à partir de 2022.
Les barnums, comme ceux installés place du Champ-Jacquet seront interdits à Rennes à partir de 2022. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La ville de Rennes finalise actuellement une charte terrasse.
  • Ce document interdit les terrasses chauffées et les barnums à partir du 1er janvier, dans un souci écologique et esthétique.
  • Les cafetiers et restaurateurs estiment que cela va avoir un impact sur leur activité.

Il va falloir s’y habituer. Dans les prochains mois, les règles pour boire un verre en terrasse, un sport dans lequel excellent les Rennais, vont évoluer. Dès le 1er janvier, c’en sera fini des terrasses chauffées qui font le bonheur des fumeurs et des fêtards en hiver. En pleine rédaction de sa charte terrasse, qui sera finalisée à l’automne, la ville de Rennes a en effet décidé de bannir les chauffages extérieurs des terrasses en raison de leur impact écologique.

Mais ce n’est pas tout. Les barnums qui protègent les clients de la pluie et du vent sur les terrasses des bars et des restaurants seront également interdits. L’argument de la ville est cette fois esthétique, les barnums étant accusés de « cacher le patrimoine au lieu de le révéler », estime Marc Hervé, l’élu chargé du commerce. Pour les commerçants déjà autorisés à occuper l’espace public, une période transition sera accordée jusqu’en 2022 afin de s’adapter au nouveau règlement.

Des parasols à la place des barnums

A cette date, tous les barnums de la capitale bretonne auront été remplacés par des parasols. Certains bars pourront également s’équiper de stores ou de protections type pare-vent mais sous certaines conditions. Trois secteurs seront particulièrement surveillés, à savoir Sainte-Anne, Saint-Germain et la gare. Sur ces places, « la couleur des couvrants et mobiliers devra tenir compte des couleurs de la façade et de la devanture », précise l’élu.

Dans le centre-ville, cette charte est très moyennement appréciée par les cafetiers et les restaurateurs. « On n’est pas contre le principe de base. L’arrêt des chauffages est cohérent d’un point de vue écologique. Mais pour les barnums par contre, il faudrait que ce soit plus souple », indique Florent, gérant de l’Angélus, situé juste à côté de la mairie. Selon lui, « les parasols peuvent être dangereux et tomber sur un client ou un serveur en cas de coup de vent ». Il milite donc pour un droit aux barnums pendant l’automne et l’hiver.

Certains redoutent un gros manque à gagner

Quelques mètres plus loin, Valentin Cornut, gérant du Champ-Jacquet, s’inquiète déjà des conséquences économiques pour son établissement. « Je réalise 90 % de mon chiffre d’affaires en terrasse. Donc si les clients ne sont plus protégés de la pluie et du vent, ils ne viendront plus, c’est aussi simple que cela », assure-t-il. « Et puis on est en Bretagne, pas sur la Côte d’Azur », ironise-t-il.

Les deux gérants reconnaissent toutefois que la mairie fait bien de prendre en main ce dossier. « On a laissé couler pendant longtemps et certains ont fait n’importe quoi », assure Valentin Cornut. Mais ils dénoncent le manque de dialogue. « On a vraiment l’impression de ne pas être écouté. Et surtout que cette charte n’a plus rien de commun car elle ne s’appliquera pas de la même façon partout », soupire Florent.