La température qu'il faisait à Entraygues-sur-Truyère, le 7 août 2018.
La température qu'il faisait à Entraygues-sur-Truyère, le 7 août 2018. — PASCAL PAVANI / AFP

METEO

Canicule: Durée, cause, fréquence…Tout ce qu’il faut savoir sur l’épisode de chaleur qui frappe la France

Pour les prévisionnistes, de tels épisodes de chaleur précoces devraient se multiplier les prochaines années

  • L’épisode de chaleur de cette semaine est sans précédent par son intensité et sa précocité.
  • Le pic d’intensité observé sera comparable à celui d’août 2003.
  • Avec le réchauffement climatique, ce type de phénomènes climatiques vont se répéter, plus tôt dans l’été et de manière plus intense.

La chaleur s’accentue très nettement sur une grande partie de la France. Quelque 53 départements ont d’ailleurs été placés en vigilance orange pour la  canicule ce lundi par Météo-France, de Paris au Centre, de l’Auvergne à la Bourgogne et l’Alsace, mais également en basse et moyenne vallée du Rhône… Avec l’aide de deux météorologues, 20 Minutes revient sur les caractéristiques de cette canicule et ce qu’elle annonce pour les années à venir.

Quelles températures sont prévues cette semaine ?

La canicule implique au moins trois jours et trois nuits au-delà d’un certain seuil de température, qui diffère selon les régions. Et elle sera une réalité dans plusieurs d’entre elles. Après les vallées de la Loire, du Massif Central, du Rhône et l’arrière-pays provençal, la chaleur va gagner ce mardi le nord-est, avant de s’étendre entre mercredi et jeudi.

Il a déjà fait 20,4 °C la nuit de dimanche à lundi à Paris (le seuil caniculaire étant fixé à 21 °C la nuit dans la capitale). « Jeudi, il est prévu 41 °C à Grenoble, 42 °C à Clermont-Ferrand, 41 °C à Bourges et à Lyon, 40 °C à Nevers », prévient François Jobard, prévisionniste à Météo-France. « Les villes situées dans des cuvettes vontplus souffrir de ce temps lourd », complète Pascal Scaviner, responsable du service prévisions de la chaîne météo.

Combien de temps cette canicule va-t-elle durer ?

« Sur la région nord, elle va durer six jours, jeudi et vendredi seront d’ailleurs les jours les plus pénibles. Dans le Sud, l’épisode pourrait durer plus longtemps, une dizaine de jours jusqu’au 3 juillet », indique François Jobard. « Pour les départements situés à l’est, l’épisode caniculaire pourrait durer jusqu’à lundi prochain, voire davantage », indique Pascal Scaviner.

Pourquoi cette canicule est-elle très précoce dans l’année ?

« D’habitude, les épisodes caniculaires ont lieu à partir de début juillet et jusqu’à fin août », indique Pascal Scaviner. Ce qui donne à l’épisode de chaleur de cette semaine son caractère précoce. « Il y a eu un tel épisode fin juin 2017, avec trois jours de chaleur intense et une vigilance canicule décrétée dans plusieurs départements. Mais on peut dire que l’épisode de cette semaine est sans précédent par son intensité et sa précocité. Car le pic d’intensité observé sera comparable à celui d’août 2003 », souligne François Jobard. Et cette  canicule de 2003 avait généré une surmortalité de 15.000 personnes sur plus de 15 jours.

A quoi est-elle due ?

« Une dépression entre les Açores et le Portugal joue le rôle de pompe à chaleur. Elle reste bloquée à cette position et oriente durablement les vents de l’Afrique du Nord vers la France », informe le prévisionniste de Météo-France. « Ces remontées d’air chaud du Sahara en direction de la France s’accompagnent d’une humidité liée aux dépressions qui viennent sur l’ouest de la France », complète Pascal Scaviner.

De tels épisodes de canicules vont-ils se multiplier ?

Avec le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre, « il faut s’attendre à ce que les masses d’air soient de plus en plus chaudes et que ce type de phénomènes climatiques se répètent, intervenant aussi plus tôt et plus tard dans l’été et de manière plus intense. D’ailleurs sur les 34 dernières années, il y a eu deux fois plus de vagues de chaleur que sur la période 1947-1981 », prévient François Jobard.

« La variabilité du climat sera exacerbée dans les prochaines années. Avec par exemple des fins d’hiver doux, et une augmentation des étés chauds », ajoute Pascal Scaviner. Selon les scénarios de Météo-France, « le réchauffement pourrait atteindre 2 °C à l’horizon 2071-2100 » dans le pays par rapport à l’ère préindustrielle, voire 4 °C pour le plus pessimiste, avec des vagues de chaleur deux à trois fois plus nombreuses d’ici le milieu du siècle.