Illustration d'un couple sur la plage.
Illustration d'un couple sur la plage. — Pixabay

L'ETE SERA CHAUD (1/4)

Amours d'été: Quand le flirt des vacances se transforme en amour d'une vie

A l’occasion des vacances, «20 Minutes» propose une série sur les amours d’été, en laissant la parole à ses lecteurs pour raconter leurs expériences

  • L’été ressemble souvent à la saison des amours : entre la détente des vacances, la luminosité de la saison et les hormones en ébullition, les rencontres sont légion.
  • 20 Minutes a demandé à ses lecteurs de raconter leurs aventures estivales, à travers une série de témoignages.
  • Le premier épisode se penche sur les amourettes qui se sont transformées en amour d’une vie, des idylles qui relèvent souvent du défi.

Certaines déclarations d’amour enflammées, avec cocktail et soleil couchant, accouchent parfois de relations qui ont su faire fi du temps… Oui, l’été n’est pas seulement la saison des amours d’un jour, des coups d’un soir et des rencontres sans lendemain. La preuve grâce aux internautes de 20 Minutes, dont plusieurs dizaines ont répondu à notre appel à témoignages. Ils se sont replongés dans leurs souvenirs pour raconter leur coup de foudre estival, devenu l’amour de leur vie.

Le rendez-vous régulier de l’été

Certains ont construit leur relation été après été, se retrouvant « au rendez-vous de leurs promesses »… avec impatience. Pour Didier et Françoise, c’était un camping de Vendée, où ils retournent d’ailleurs régulièrement. Leur premier regard, ils l’ont échangé le 21 août 1987 précisément. « J’ai croisé Françoise alors que je jouais aux boules avec des gosses, confie Didier, 50 ans et toujours heureux en couple. J’avais 18 ans, elle 17. J’habitais à Laval, elle à Paris. Nous avons passé trois jours à profiter de la plage et du soleil, avant de rentrer chacun chez soi. Nous nous sommes écrits pendant un an (les SMS n’existaient pas…), et on attendait avec impatience nos lettres. On s’est retrouvés l’été suivant, au même endroit. Et nous avons commencé à flirter quelques jours plus tard, en profitant d’un beau mois d’août. »

Elena, 32 ans, a elle aussi construit pas à pas sa relation avec Nicolas, le retrouvant chaque année dans le même village du sud de la France. La première année, elle avait 16 ans, lui 19. « Cinq ans plus tard, on s’est embrassés pour la première fois. Et seize ans après notre première rencontre, il a tout quitté pour venir vivre avec moi. Il m’a fait sa demande et nous nous marions l’an prochain. »

via GIPHY

Coup de foudre à la plage

Pour d’autres, au contraire, c’est le coup de foudre, une unique rencontre, qui a lancé la relation d’une vie. « J’ai trouvé le prince charmant, je veux le garder. » C’est le texto que Charlotte, aujourd’hui âgée de 31 ans, a envoyé à son crush de l’été, croisé sur la plage de Maubuisson (Gironde) en 2003. Un mot doux qui a fonctionné. « J’avais 15 ans, lui 18, je lui ai fait croire que j’en avais 17 ! Au bout de seulement quelques jours d’étoiles dans les yeux, il a dû rentrer sur Paris et moi sur Toulouse… Nous ne devions jamais nous revoir. Et pourtant… » Après ce SMS romantique, l’heureux élu rejoint Charlotte une semaine plus tard, emménage sur Toulouse. « Quasi seize ans plus tard, deux enfants, une maison, un mariage et un changement de région… Et nous sommes toujours amoureux comme au premier jour ! »

Nous pensions effectivement l’un et l’autre que ça ne durerait pas. » (Brigitte, 62 ans)

Brigitte, 62 ans, se remémore la première impression qu’elle a eue en voyant, sur une plage de Corse, celui qui deviendra son mari. « C’était un vrai "Pierre Richard". Qu’est-ce que j’ai pu rire quand il mettait du sel sur son pamplemousse, ou du sucre sur son steak, qu’il arrivait toujours trop tard pour demander du rab de frites… Ou quand, en essayant de faire du ski nautique, il avait coincé la barre entre ses cuisses et n’avait pas lâché tout de suite. Résultat : des cuisses violettes, rouges, vertes… Ce n’était pas drôle, mais moi, j’avais éclaté de rire. Je le regardais de loin, ne pensais même pas qu’il faisait attention à moi ». Mais après une invitation à danser et une promenade au clair de lune, le 23 juillet 1977, le couple se forme. « Sur la plage, il y avait une petite baraque. Nous avons mangé des merguez et bu du rosé, et avons fini la nuit ensemble, dans un lit de camp pas très confortable. »

Le jeune couple doit alors rapidement se dire adieu, car Brigitte va rentrer sur Paris deux jours plus tard. « Je me souviens d’une copine me disant : " Ça sert à quoi, les amourettes de vacances ? Ça ne dure jamais." Nous pensions effectivement, l’un et l’autre, que ça ne durerait pas. » Mais le hasard fait bien les choses, puisque Brigitte et son "Pierre Richard" vivent tous deux en Seine-Saint-Denis. Après s’être revus loin du soleil corse, ils s’installent ensemble en 1979, se marient en 1980, et ont aujourd’hui deux enfants et trois petits-enfants. « Nous ne fêtons jamais notre anniversaire de mariage, mais nous fêtons tous les ans le 23 juillet. Et depuis quarante-deux ans, nous faisons toujours, ce jour-là, quelque chose de différent », explique Brigitte.

via GIPHY

Une rencontre à l’étranger

Si certains ont misé sur la plage, d’autres ont dû prendre l’avion pour rencontrer l’âme sœur. Sébastien dévoile ainsi qu’il a rencontré sa femme, aujourd’hui mère de ses deux filles, sur un long-courrier. « Nos regards, accompagnés de sourires, se sont croisés à plusieurs reprises lors d’un vol direction l’île Maurice », se remémore-t-il. Et ces flirts qui changent une vie tiennent parfois à peu de chose. Florence, 54 ans, a croisé son mari à Alexandrie, en Égypte, au cours… d’un séjour linguistique. « Je l’ai rencontré dans le tramway en demandant en arabe un ticket de métro. Il s’est levé et m’a dit, dans un français impeccable, que je parlais très bien arabe. Nous nous sommes mariés six mois après… et cela va faire bientôt trente-trois ans… Je me dis que, si je n’avais pas pris ce tramway, je n’aurais peut-être jamais rencontré mon mari. »

De la surprise à la relation

Parmi ces témoignages, nombreux sont ceux à montrer que le début d’une passion de longue durée peut prendre par surprise. « Cet été de 2009, j’étais partie avec des amis pour passer quinze jours à Fréjus, raconte ainsi Samia, 33 ans. J’avais 23 ans, j’étais jeune et insouciante, j’avais envie de profiter de l’été. Je n’aurais jamais pensé rencontrer l’amour de ma vie, surtout en boîte de nuit. » Et pourtant, Samia est hypnotisée par le « déhanché ravageur » de Guillaume.

Au bout de quelques semaines, j’ai la certitude que cet amour de vacances est l’amour d’une vie. » (Samia, 33 ans)

« Premier rendez-vous sur la plage, au moins, on ne se cache rien dès le départ !, s’amuse la trentenaire. Nous vivons tous les deux en région parisienne, nous nous revoyons… Au bout de quelques semaines, j’ai la certitude que cet amour de vacances est l’amour d’une vie. » Mais Samia évoque, délicatement, que le couple au quotidien, la relation longue durée, traverse aussi des remous. « Pendant ces presque dix années passées à côté de mon amour de vacances, il y a eu des hauts et des bas, bien sûr, mais toujours une complicité et un soutien à toute épreuve. »

Illustration d'un couple amoureux sur la plage.
Illustration d'un couple amoureux sur la plage. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Car une fois que le « sea, sex and sun » est devenu un lointain souvenir, le stress et la routine du quotidien peuvent vite grignoter la passion. « Pendant l’été, il y a un double challenge, prévient Liliane Holstein, psychanalyste et auteure de La Magie du couple heureux*. Quand on rencontre quelqu’un, durant les premières semaines, tout est extraordinaire, l’inconscient brouille les pistes, on ne voit pas les défauts de l’autre. Mais en plus, quand la relation naît en été, grâce au beau temps et aux vacances, il y a une autre illusion. En effet, à cette période, les gens sont plus détendus, ont davantage de désir, ont tendance à se livrer plus, à prendre plus de temps. Une période merveilleuse, mais qui ne dure qu’un temps. » Et la psychanalyste de poursuivre :

Dès l’automne, les gens ont tendance à se protéger physiquement, à courir partout, à se renfermer. Le challenge, c’est de savoir être vrai pendant cette relation estivale. Si on s’appuie uniquement sur la facilité de l’été, on risque des désillusions. »

La douleur de la distance

Pour nombre de ces tourtereaux, enfin, l’amourette estivale s’est poursuivie par une relation à distance pas toujours facile à vivre. « La distance complique souvent les romances d’été, reprend la psychanalyste Liliane Holstein. Quand on ne voit pas la personne au quotidien, on a tendance à s’illusionner. Pour certains, cette distance peut être difficile, voire impossible à supporter. La frustration, l’attente, le fantasme peuvent soit magnifier la personne, soit donner du temps pour mieux se connaître et amplifier le désir. »

Pour Gemma, Barcelonaise, qui a croisé la route de Ludovic à l’été 1995 à Toulouse, cette relation lointaine était inenvisageable. « Nous avons passé un été superbe avec le groupe de l’hôtel et du restaurant. A chaque soirée, Ludovic m’offrait des roses ! Mais je ne pouvais pas m’attacher à lui. Un amour à distance, pas question. Sauf qu’en septembre, au moment de partir, il m’a directement déclaré sa flamme et nous sommes sortis ensemble. Mes deux dernières années d’université, nous les avons donc passées à distance. Nous avons trouvé un chauffeur de Toulouse, qui venait apporter les journaux de la région à l’aéroport de Barcelone, à 4h du matin. Je repartais avec lui tous les quinze jours, pour passer le week-end avec Ludovic. Et nous avons tenu bon. »

Aurélie, 34 ans, ne tait pas non plus ses difficultés pour transformer une amourette au goût salé en véritable famille. Elle a rencontré son compagnon le 21 août 2002, dans un camping sur l’île d’Oléron. « Nous avons discuté jusqu’à 5h du matin… Je partais le lendemain, on a échangé nos numéros et nos adresses. Lui habitait près de Paris et moi près de Dreux (à 1h30 de voiture), mais nous n’avions pas encore le permis. Nous nous écrivions des lettres quasiment tous les jours et discutions au téléphone tous les week-ends, grâce au forfait illimité de sa mère. » Dix-sept ans après, le couple a « un garçon de 7 ans et un autre en préparation, un appartement, deux chats et tout plein d’amour ». Aurélie s’émeut : « Nous nous sommes battus pour cultiver cet amour longue distance durant un an, malgré les réticences de mes parents… Nous savions que nous étions faits l’un pour l’autre. »

* La Magie du couple heureux, de Liliane Holstein, avril 2017, Josette Lyon, 18 €.