Toulouse: A 100 ans, Estelle est bénévole aux Petits frères des pauvres et accompagne... des personnes âgées

Y A PAS D'AGE Si l’engagement permet de garder la forme, Estelle, une retraitée de l’agglomération toulousaine en est le parfait exemple. Cette centenaire suit toujours par téléphone trois bénéficiaires des Petits frères des pauvres

Beatrice Colin

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Estelle Moulin, 100 ans, est bénévole aux Petits Frères des Pauvres de Toulouse depuis 1987.
Estelle Moulin, 100 ans, est bénévole aux Petits Frères des Pauvres de Toulouse depuis 1987. — B. Colin / 20 Minutes
  • Estelle Moulin a fêté ses cent ans fin mai. Depuis 1987, cette retraitée est engagée au sein des Petits frères des pauvres.
  • Cette bénévole suit toujours par téléphone des personnes âgées isolées, dont une qui a 32 ans de moins qu’elle.
  • Ses armes pour lutter contre l’isolement : l’humour et la bienveillance. Et ça la maintient en forme.

« J’ai trois personnes que je continue à suivre, il vaut mieux que je ne leur donne pas mon âge », plaisante Estelle Moulin. Il faut dire que cette bénévole des Petits Frères des Pauvres vient de souffler les bougies de son centième anniversaire, quand l’une des personnes qu’elle soutient affiche à peine 67 printemps.

Pimpante, cette habitante de Balma n’est pas près d’arrêter l’engagement qu’elle a pris il y a 32 ans auprès de l’association qui vient en aide aux personnes isolées. « Le bénévolat, c’est ce qui me tient en vie, qu’est-ce que je ferais sans cela », affirme la très dynamique centenaire.

C’est en effet bien là que résiderait son secret de longévité. Pas la peine d’aller chercher du côté du sport, elle n’en a jamais fait. « J’ai toujours été une bonne vivante, on ne pleure pas avec moi », assure cette arrière-grand-mère dans un sourire.

Une arme qu’elle a toujours utilisée avec les bénéficiaires des Petits frères des pauvres. Lorsqu’elle a poussé les portes de l’association en 1987, cette retraitée d’Air France cherchait à s’investir. De simple donatrice quand elle habitait Paris, elle est devenue une bénévole très engagée lors de son arrivée dans la Ville rose. « Le directeur de l’époque m’a dit, tu es là, tu y restes. Et je n’en suis jamais partie », raconte Estelle.

L’humour en bandoulière

Jusqu’à il y a peu, elle se rendait à Paris pour des réunions au siège de l’association « et c’était toujours la fiesta ». Elle qui vit toute seule, continue par contre à organiser à domicile les réunions avec les autres copropriétaires de sa résidence. Une activité qui la maintient en forme.

Autant que l’écoute qu’elle peut apporter à ses interlocuteurs qui n’hésitent pas à la joindre sur son téléphone portable. « J’essaie de leur apporter de la bonne humeur, de les entourer, de voir ce dont ils ont besoin et surtout de vérifier s’ils sont en bonne santé », poursuit la centenaire qui note scrupuleusement tous ses échanges dans un classeur jaune.

Et tant que ça roule, Estelle ne songe pas à arrêter. « Je continuerai jusqu’au bout, que ce soit pour eux ou… pour moi. Tant que mon cerveau fonctionne à peu près », relève-t-elle en rigolant. Mais pour l’heure, quand elle a un coup de moins bien, « je me dis, ma fille, tu te fous un coup de pied et tu avances, il n’y a pas de raison ».