VIDEO. Thomas Pesquet testera à bord de l'ISS les bonnes idées d'étudiants toulousains

ESPACE Le CNES avait lancé un concours à destination des étudiants pour déterminer des projets qui seront expérimentés par l'astronaute français dans l'ISS. Deux idées d'étudiants toulousains ont été retenues

Julie Rimbert

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Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale (ISS)
Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale (ISS) — Thomas Pesquet/ESA/NASA/Cover Images/SIPA
  • Deux projets portés par des étudiants de l’université Paul-Sabatier de Toulouse ont remporté le concours Génération ISS, lancé par le CNES. 
  • C'est Thomas Pesquet qui mettra en oeuvre dans l'espace leurs projets lors de sa prochaine mission spatiale.
  • Les étudiants doivent livrer leur projet en juillet 2020. 

Leur projet embarquera avec l’astronaute Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale lors de sa prochaine mission.

Les idées des étudiants de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse ont réussi à séduire le jury du  concours Génération ISS, lancé par le Centre national d’études spatiales (CNES). Ils ont pu se faire une place au milieu de 83 dossiers déposés, qu’ils soient artistiques, scientifiques ou technologiques.

Les étudiants du DUT « Mesures physiques » ont fait fort. Deux de leurs projets, désormais fusionnés, ont été lauréats : « Plateforme » et « Figure de Chladni ». Ils associent technologie, science et pédagogie au sein d’une plateforme unique et réutilisable.

Les projets des étudiants toulousains seront testés par Thomas Pesquet lors de sa prochaine mission spatiale.
Les projets des étudiants toulousains seront testés par Thomas Pesquet lors de sa prochaine mission spatiale. - CNES

Plusieurs expériences sur une plateforme

« Le projet Plateforme, en collaboration avec le département Génie Mécanique et Productique et plusieurs labos toulousains (IMFT, IMRCP, IRAP, LGC), est plus un concept qu’une expérience. Il permet de réaliser trois expériences sur la physique, la chimie et les matériaux au sein d’une même plateforme, explique Philippe Garnier, directeur d’études et chercheur à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie. Nous avons pour l’instant huit idées mais il va falloir choisir ».

Certaines ont de bonnes chances d’être expérimentées à 400 km au-dessus du plancher des vaches. Comme ce diffuseur de goutte pour comprendre comment se dilue un liquide sans gravité. Observer le mouvement de convection des fluides sans gravité en reproduisant l’expérience des ronds de café ou étudier les caractéristiques d’un dépôt d’un matériau granulaire dans l’optique de l’installation d’une future base spatiale sont aussi en haut de la liste.

Expérience en 3D dans l’espace

Sous le nom barbare de « Figure de Chladni » se cache une autre expérience. Elle porte sur les mouvements des ondes sonores qui révèlent d’étranges motifs, des formes. Si on ne voit pas les ondes, on les ressent. C’est sur cette expérience menée par Ernst Chladni sur une plaque vibrante au XIXe siècle que repose le projet toulousain.

« D’habitude, on la réalise en 2D sur une plaque avec du sable mais dans l’ISS, l’objectif est de le faire en 3D, détaille Philippe Garnier. Cela aura un impact pédagogique et visuel ». Pour Erin, l’une des lauréates qui a travaillé sur le projet « Plateforme », « c’est un honneur de savoir que Thomas Pesquet va tester nos propositions. Cela m’a appris beaucoup de choses sur l’espace et de savoir monter un projet avec une équipe ».

Les étudiants doivent livrer leurs projets en juillet 2020. Avant leur envol vers la station spatiale, ils seront peaufinés avec l’aide du Centre d'Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales du CNES. En attendant de voir leurs idées testées par Thomas Pesquet, les lauréats ont déjà gagné un vol zéro G en parabolique et le droit d’intervenir dans une conférence internationale en 2021.