Migration: La moitié des Français doute que les réfugiés soient de «vrais réfugiés»

INTEGRATION Selon une étude, le scepticisme vis-à-vis de réfugiés est en hausse dans le monde et tout particulièrement en France

20 Minutes avec AFP

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Un Français sur deux considère également que les migrations pour "sécurité économique et sociale" sont plus "crédibles" que "la recherche de refuge".
Un Français sur deux considère également que les migrations pour "sécurité économique et sociale" sont plus "crédibles" que "la recherche de refuge". — ARIS MESSINIS / AFP

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, l’Ipsos signale que selon l’enquête* qu’il mène depuis 2017, la légitimité des réfugiés à fuir leur pays est de plus en plus remise en cause dans le monde et notamment en France. Un Français sur deux et « 54 % de la population mondiale ne croient pas que les étrangers qui viennent dans leur propre pays sont de vrais  réfugiés », contre 52 % en 2017.

Parmi les autres chiffres, l’étude observe que la moitié des Français pense que les réfugiés quittent plutôt leur pays pour la « sécurité économique et sociale » de la France que pour « la recherche de refuge ». Pour rappel, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense près de 170.000 morts et disparus en Méditerranée entre 2014 et 2018. Rien qu’en 2018, plus de 2.260 personnes sont mortes en tentant de traverser cette mer pour se réfugier dans un autre pays.

La guerre ne serait pas « une raison suffisamment légitime pour se réfugier »

Seulement 43 % des Français estiment qu’échapper à la guerre ou à des persécutions « constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier ». Le taux pour la population mondiale s’élève à 61 %, ce qui place les Français en bas du classement avec les Hongrois.

« Un réfugié est une personne qui, en cas de retour dans son pays, craint « avec raison d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe ou de ses opinions politiques »», rappelle Amnesty International sur son site.

Convaincus que les réfugiés ne peuvent pas s’intégrer

Les Français sont également les plus sceptiques concernant l’intégration des réfugiés. Ils sont 58 % à être convaincus que les réfugiés ne peuvent pas s’intégrer à la société d’accueil contre 47 % de la population mondiale.

Enfin, la fermeture des frontières est de plus en plus considérée comme une « solution » : 42 % de la population française y est favorable, soit une augmentation de 2 % en deux ans. C’est le Mexique qui a enregistré la plus haute progression de cette idée (+16 %).

*Etude réalisée du 19 avril au 3 mai 2019 dans 28 pays, auprès de 18.027 personnes âgées de 18 à 64 ans.