Nantes: Un an après les émeutes, un plan pour «changer la vie des quartiers»

POLITIQUE Le conseil municipal de Nantes doit voter, ce vendredi, 26 «actions concrètes»

Julie Urbach

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Les tours du quartier Malakoff, non loin de la gare de Nantes.
Les tours du quartier Malakoff, non loin de la gare de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • En parallèle d'un important plan de renouvellement urbain, la ville présente ce vendredi un plan pour les quartiers
  • Cette annonce intervient un an après les émeutes qui ont secoués plusieurs secteurs sensibles de Nantes.

C’est un triste anniversaire que Nantes s’apprête à célébrer. Celui des émeutes qui ont secoué différents quartiers sensibles de la ville, pendant plusieurs nuits, à la suite de la mort d’Aboubakar Fofana, tué par un tir de policier au Breil. Un an après, et afin de « répondre aux attentes et aux difficultés des quartiers prioritaires », le conseil municipal doit voter, ce vendredi, 26 actions visant à « changer la vie des habitants ».

Après les mesures d’urgence (relocalisation d’activités et de services, travaux, relogements…), la ville a en effet engagé une démarche « au long cours » avec des habitants, agents, associations, ou universitaires. « L’idée était de travailler sur le vivre ensemble, avec l’objectif que chacun, quelle que soit sa condition sociale, puisse s’émanciper même si sa vie au quotidien y est plus difficile qu’ailleurs », indique Myriam Nael, adjointe à la politique de la ville. Décision a finalement été prise de ne pas changer d’approche sur le dossier. Mais d’accélérer « les actions concrètes », en parallèle du gros programme de renouvellement urbain qui se prépare.

Mesures de « bon sens »

Citoyenneté, propreté, emploi… « Pour une fois, ce n’est pas des grands mots, des grandes idées, mais des choses positives et qui font appel au bon sens », observe Karine, croisée quartier Malakoff, à qui 20 Minutes a présenté les détails de ce plan. Ce qui retient l’attention de cette mère de deux enfants, c’est l’annonce de la rénovation de 120 aires de jeux (1 million d’euro) dans les trois prochaines années. Mais aussi cette enveloppe de 200.000 euros qui sera attribuée à des projets d’embellissement du cadre de vie portés par des riverains, dans l’objectif que les espaces publics redeviennent « des lieux de sociabilité et de convivialité ».

Les mesures pour lutter contre la précarité parlent, aussi. La mairie s’engage par exemple à la mise en place de groupements d’achats alimentaire, ou à recruter des médiateurs santé supplémentaires. « Nous travaillons aussi à la mise en œuvre d’un Internet social avec Nantes métropole habitat », poursuit Myriam Nael.

Des actions visent spécifiquement les jeunes, comme ces possibilités d’aide au financement du permis de conduire ou du BAFA contre des actions de citoyenneté. Ou le développement des services civiques. La ville annonce aussi que des activités sportives seront proposées un dimanche par mois, dès la rentrée, dans l’un des quatre gymnases des quartiers.

Sécurisation de halls d’immeuble

« C’est très bien toutes ces actions. Mais elles ne serviront à rien si les coups de feu et l’insécurité ne cessent pas. Si les ados traînent dehors, parfois tard dans la nuit », s’inquiète une autre habitante de Malakoff. Alors que la mairie ne cesse de répondre que la lutte contre les trafics de drogues et d’armes est de la compétence de l’État, elle s’engage cependant à la sécurisation de « 58 halls d’immeuble de Nantes métropole habitat, repérés comme étant annexés par le deal ».

Dès la rentrée, une quinzaine seront reconfigurés, rénovés, et surveillés, en collaboration avec les forces de l’ordre. « Il faut faire une place plus grande à la question de la sécurité, réagit Laurence Garnier, cheffe de file de l’opposition municipale. La maire de Nantes n’est pas la seule responsable de cette situation, mais on laisse prospérer les trafics et on ferme les yeux en espérant que les choses se régleront d’elles-mêmes. J’ai discuté avec des commerçants et des habitants qui n’ont qu’une idée, c’est de partir. »