Deux-cent universitaires accusent le CNRS de discrimination envers un sociologue

POLEMIQUE Le jury d’admission du CNRS est soupçonné d’avoir injustement recalé trois années de suite le sociologue Akim Oualhaci du concours de chargé de recherche

M.F

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Des universitaires accusent le CNRS d'adopter des méthodes discriminantes envers un sociologue depuis trois ans.
Des universitaires accusent le CNRS d'adopter des méthodes discriminantes envers un sociologue depuis trois ans. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

« Acharnement. ». Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de 200 universitaires français et étrangers accuse le CNRS de discrimination vis-à-vis d’un sociologue. En effet, pour la troisième année consécutive, Akim Oualhaci, post-doctorant en sociologie de 44 ans, a été déclassé par le jury d’admission au concours de chargés de recherche.

« Dans ce concours, le jury d’admissibilité, composé de spécialistes de la discipline, effectue un classement des candidats par ordre de mérite, à la suite d’un long travail d’évaluation. Les candidats admissibles les mieux classés sont généralement confirmés dans leur classement par le jury d’admission, qui ne rentre pas dans le détail des dossiers », explique le collectif. Pourtant, Akim Oualhaci qui avait passé avec succès trois années de suite le premier jury, arrivant même premier ex aequo en 2017, a par la suite été déclassé sans explication par le jury d’admission.

«Inégalités sociales» et «discrimination»

« Comment comprendre une telle injustice contre un candidat dont la valeur scientifique a été pourtant confirmée à trois reprises », s’interrogent les universitaires qui pointent aussi du doigt « les inégalités sociales et les discriminations dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), et plus particulièrement au CNRS ». « Je m’interroge sur le fait que mon patronyme ait joué ou pas dans les classements », confie Akim Oualhaci à Franceinfo.

Des soupçons que nie en bloc Alain Schuhl, directeur général délégué à la science au CNRS auprès du média affirmant sans les donner que le CNRS a « ses propres critères ». « La vérité, c’est que pour eux, un gars qui vient du 93 et qui travaille sur les classes populaires, on le met de côté », aurait déclaré anonymement un des jurés à Franceinfo.