L'activité bébés nageurs est-elle devenue indésirable à Lyon?

LOISIRS Seule une piscine lyonnaise propose encore des créneaux d’activités dédiés aux bébés. La ville se penche sur « une offre plus cohérente et qualitative » en vue de la prochaine rentrée

Jérémy Laugier

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La dernière séance de bébés nageurs-jardin aquatique s'est déroulée fin mai à la piscine Garibaldi (Lyon IIIe).
La dernière séance de bébés nageurs-jardin aquatique s'est déroulée fin mai à la piscine Garibaldi (Lyon IIIe). — Part Dieu natation
  • L’association Part-Dieu Natation a lancé une pétition pour tenter de préserver à la rentrée prochaine ses deux créneaux du dimanche matin dédiés aux plus petits à la piscine Garibaldi (Lyon IIIe).
  • Adjoint au maire de Lyon délégué aux sports, grands événements et tourisme, Yann Cucherat est conscient qu’il faut « une offre plus large » concernant l’activité bébés nageurs dans la ville.

« Il existe un manque que je n’avais pas encore perçu. » Adjoint au maire de Lyon délégué aux sports, grands événements et tourisme, Yann Cucherat reconnaît sans mal qu’il souhaiterait « une offre plus large » concernant l’activité des bébés nageurs dans sa ville. Si les structures dédiant des créneaux aux parents venant avec leur enfant (dès l’âge de 5 mois) sont nombreuses dans la métropole (Tassin-la-Demi-Lune, Sainte-Foy-lès-Lyon, Vénissieux, Caluire…), seule la piscine Charial (Lyon 3e) continue de proposer cette activité à Lyon intramuros, hors établissements privés.

En effet, l’association Part-Dieu Natation (410 licenciés) a eu la surprise d’apprendre en janvier que la Ville arrêterait, à partir de ce mois-ci, d’augmenter la température de la piscine Garibaldi (3e) jusqu’à 29 degrés avant chaque dimanche matin. Une décision signifiant la fin, à la rentrée prochaine, de ses deux créneaux groupés bébés nageurs-jardin aquatique (de 9 mois à 4 ans). A priori « pour des raisons économiques », selon Franck Gonzalez, responsable technique de Part-Dieu Natation. « Augmenter l’eau de 1,5 °C, ce n’est quand même pas ça qui va faire boitiller la ville, soupire-t-il. Les familles nous appellent dans tous les sens pour connaître la situation en vue de septembre. »

« Le surchauffage du bassin de 250 m2 de Garibaldi n’est pas raisonnable »

C’est pourquoi l’association lyonnaise a lancé une pétition (300 signatures jusque-là) afin de tenter de sauver l’une de ses activités phares. « Imaginez le manque à gagner pour nous quand on sait qu’une quarantaine de familles s’engagent uniquement pour cette activité qui coûte 125 euros à l’année », poursuit Franck Gonzalez. Celui-ci met aussi en avant les 1.300 euros investis par son association dans du matériel dédié, entre toboggans, maisons en mousse et d’autres accessoires.

« Le surchauffage du bassin de 250 m2 de Garibaldi, avec une profondeur atteignant 3,20 m, et ce pour une seule association, n’est pas raisonnable, commente Yann Cucherat. Ce lieu n’est de toute façon plus adapté pour les bébés nageurs. » Aujourd’hui, seule Charial permet donc aux parents d’initier leur bébé dans l’eau, le mercredi après-midi et le samedi matin.

« Ils se jettent illico dans l’eau, sans la moindre appréhension »

« Il faut qu’on arrive à proposer à la rentrée prochaine une offre plus cohérente et qualitative dans une piscine dédiée, avec un bassin où les parents auraient pied partout, annonce l’ancien gymnaste professionnel. Il s’agit évidemment pour moi d’un enjeu de sport, d’éducation mais aussi de bien-être. » Car outre le temps de complicité avec leurs parents, les effets bénéfiques ne manquent pas pour les plus petits lorsqu’ils apprennent très tôt à jouer dans l’eau. « On a tout de suite vu que notre fils prenait de l’assurance, raconte Julien Soullard, un habitué de cet ancien créneau à Garibaldi. Au début, quand il avait 18 mois, il se contentait de flotter dans un panier. En quelques semaines, il pataugeait vraiment. »

Une réussite qui a également eu un impact sur le fonctionnement de Part-Dieu Natation. « Avant, on acceptait les enfants à partir de 6 ou 7 ans pour les créneaux de natation, explique Franck Gonzalez. Depuis que nous avons entamé l’activité avec les bébés en 2017, on note une évolution complètement différente des gamins. On les accepte dès l’âge de 5 ans en natation car on voit bien qu’ils se jettent illico dans l’eau, sans la moindre appréhension. »