Education: Moins bien formés, les professeurs français sont plus chahutés que leurs voisins

ENSEIGNEMENT Près d’un enseignant français sur cinq indique même n’avoir reçu aucune formation sur les contenus disciplinaires

20 Minutes avec AFP

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Un enseignant au tableau.
Un enseignant au tableau. — Pixabay

Moins bien formés que dans d’autres pays, les enseignants français ont plus de mal à gérer leur classe et les comportements perturbateurs des élèves, ils sont aussi plus nombreux à signaler des problèmes de discipline, selon l’enquête Talis* réalisée par l’OCDE publiée ce mercredi.

Seulement 66 % des enseignants français exerçant au collège disent avoir été formés au contenu, à la pédagogie et à la mise en pratique de matières qu’ils enseignent, contre une moyenne de 79 % pour l’ensemble des 31 pays ayant répondu à cette question. Seules l’Espagne, l’Italie et la République tchèque affichent des pourcentages inférieurs.

Seulement la moitié des enseignants français formés à la gestion du comportement

Ils sont seulement 55 % à déclarer avoir été formés à la gestion des comportements des élèves, contre 72 % pour leurs collègues des pays de l’OCDE. Et ils ne sont que 22 % à se dire « bien préparés » dans ce domaine (comparé à une moyenne de 53 % pour leurs collègues étrangers).

Karine Tremblay, analyste sur les sujets éducation à l’OCDE, a souligné « le profil atypique » de la France en matière de formation des enseignants. L’accent est mis sur les contenus disciplinaires tandis que la pédagogie et les pratiques sont enseignées plus tard dans le cursus, a-t-elle noté. Près d’un enseignant français sur cinq indique même n’avoir reçu aucune formation sur les contenus disciplinaires.

Le temps consacré au retour au calme représente 7,5 jours par an

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Les professeurs français passent plus de temps au maintien de l’ordre dans leurs classes (17 % contre 13 % dans l’OCDE), et donc moins de temps à l’enseignement et à l’apprentissage (75 % du temps de classe contre 78 % en moyenne pour les profs des autres pays). Et plus d’un tiers des enseignants français (35 %) signale des problèmes de discipline, contre 28 % en moyenne dans les pays de l’OCDE ayant participé à l’étude.

Le rapport souligne également les écarts de temps d’enseignement entre les collèges à forte concentration d’élèves de milieux défavorisés et les établissements les plus favorisés, en France : 7,5 jours sur une année scolaire, qui correspondent au temps consacré au retour au calme. Un écart particulièrement marqué en France dû peut-être, selon l’OCDE, au fait d’envoyer dans les établissements les plus défavorisés les enseignants débutants. Or, sans surprise, les profs débutants sont moins nombreux que les profs expérimentés à se dire capables de contrôler les comportements perturbateurs en classe.

*L’OCDE a interrogé 260.000 enseignants et chefs d’établissement dans 48 pays.