Eric Ferand (à gauche) et son accompagnateur à leur arrivée du saut en parachute.
Eric Ferand (à gauche) et son accompagnateur à leur arrivée du saut en parachute. — J. Gicquel / 20 Minutes

ARMEE

Rennes: Traumatisé de guerre, Eric a ressauté en parachute pour se reconstruire

L’ancien militaire a refait un grand saut dans le vide ce mardi près de Rennes pour témoigner du syndrome de stress post-traumatique dont il a été victime

  • Ancien militaire, Eric Ferand a ressauté en parachute ce mardi près de Rennes pour témoigner du syndrome de stress post-traumatique.
  • Il en a été victime au retour de la guerre en ex-Yougoslavie en 1995 mais le diagnostic n'a été posé qu’en 2013.
  • Avec ce saut, Eric Ferand a souhaité adresser un message d’espoir à tous les blessés de guerre qui seront mis à l’honneur samedi lors d’une journée nationale.

SPT comme stress post-traumatique. Derrière ce terme clinique se cache une pathologie dont souffrent des centaines de soldats de l’armée française. Pour Eric Ferand, c’est au retour d’ex-Yougoslavie en 1995 que sa vie a basculé. Âgé de 25 ans, le jeune soldat, qui appartenait au 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège), a découvert les atrocités de la guerre. « Je suis revenu sans savoir que j’étais blessé », assure-t-il.

Dès lors, il va connaître une longue descente aux enfers qui déboucheront sur deux tentatives de suicide. « Après la Bosnie, j’ai enchaîné avec la Côte d’Ivoire et le Kosovo. Je marchais à l’adrénaline, c’était comme une drogue. Il n’y a que dans les zones de combat où je me sentais bien », raconte l’ancien militaire.

« Les victimes ce n’est pas nous, ce sont nos proches »

Ce n’est finalement qu’en 2013 que son syndrome de stress post-traumatique sera diagnostiqué. « C’est très dur à accepter pour certains car ils n’ont pas l’impression d’être blessés, physiquement tout du moins », souligne le major Philippe, correspondant de la cellule d’aide aux blessés de guerre dans le Grand Ouest.

Eric Ferand est passé par cette douloureuse épreuve d’acceptation de la maladie. « Mais ce n’est pas nous les victimes, nous on sait qu’en tant que soldat on va être confronté à l’inacceptable. Les victimes ce sont nos proches qui ne comprennent pas ce qui se passe », indique l’ancien soldat, qui reconnaît avoir « tout détruit » autour de lui.

Un saut comme « un message d’espoir »

Désormais sur la voie de la guérison, Eric Ferand, qui a quitté l’institution en juillet 2015 pour prioriser sa santé, se bat désormais pour faire connaître « cette blessure invisible ». Quatre jours avant la journée nationale des blessés de l’armée de terre, qui se tiendra samedi un peu partout en France, l’ancien parachutiste l’a fait ce mardi en ressautant dans le vide.

Un saut, son premier depuis 2006, que l’ancien soldat a effectué avec brio sous les yeux de ses proches et des militaires du commandement des systèmes d’information et de communication, basé à Cesson-Sévigné près de Rennes. « Au départ, je ne voulais pas le faire car je ne voulais pas sortir de ma zone de confort. Mais j’ai finalement accepté car cela participe à ma guérison et apporte un message d’espoir », lâche-t-il à son arrivée, peinant à cacher un trop-plein d’émotions.

Invalide à 40 %, celui a commandé dans son ancienne vie une trentaine de parachutistes en zones de combat envisage également avec gourmandise son prochain défi. « On veut sauter en tandem avec ma compagne sur le Mont-Saint-Michel ! ».