Jonathann Daval sur les lieux de la reconstitution du meurtre d'Alexia

JUSTICE Cette reconstitution, qui devait débuter peu avant le lever du soleil, doit lever les toutes dernières zones d’ombre qui planent encore sur cette affaire

20 Minutes avec AFP

— 

Jonathann Daval: pas de procès "avant 2020" selon le procureur
Jonathann Daval: pas de procès "avant 2020" selon le procureur — SEBASTIEN BOZON / AFP

Jonathann Daval est arrivé lundi peu avant 5h sur les lieux de la reconstitution judiciaire du meurtre de son épouse Alexia, qu’il a avoué avoir commis en octobre 2017 à Gray-la-Ville (Haute-Saône), dans une zone pavillonnaire bouclée par la gendarmerie. De nombreux journalistes sont présents sur les lieux de cette reconstitution, qui doit lever les toutes dernières zones d’ombre qui planent encore sur cette affaire.

Deux points essentiels restent à éclaircir : Jonathann Daval, qui a reconnu avoir étranglé sa femme, reconnaîtra-t-il aussi avoir tenté de brûler son corps, ainsi que la violence des coups constatés par le médecin légiste, qui devait également assister à la reconstitution du meurtre ?

Celle-ci devait débuter peu avant le lever du soleil, afin de coller peu ou prou aux circonstances du meurtre commis de nuit dans la maison du couple dont les volets resteront clos. La mère d’Alexia, Isabelle Fouillot, qui fait exceptionnel, doit assister à cette reconstitution avec d’autres membres des parties civiles, espère qu’elle fera « bouger les choses » et qu’en les « voyant, il (Jonathann Daval) pourra parler davantage ». « Est-ce qu’il y a complicité, est-ce qu’il y a préméditation, qui a brûlé le corps, et pourquoi de telles choses, pourquoi de telles horreurs, parce qu’il n’y a rien qui puisse justifier des actes aussi horribles », s’est-elle interrogée devant les micros de France Inter et de BFMTV.

La question de la « carbonisation du corps » au cœur de la reconstitution

Pour Me Jean-Marc Florand, l’un des avocats des parties civiles, qui « envisage un procès l’année prochaine » aux assises, la question de la « carbonisation (partielle) du corps » d’Alexia sera au cœur de la reconstitution. Soit Jonathann Daval « continue de dire que ce n’est pas lui et l’on entend sa parole et dans ce cas-là ce n’est ni le loup-garou, ni le Saint-Esprit, donc c’est un tiers » soit il le reconnaît « et la boucle est bouclée », a déclaré l’avocat devant la presse peu avant l’arrivée de Jonathann Daval.

« L’impact de la crémation sur une cour d’assises serait très négatif » dans « une civilisation judéochrétienne où la crémation non volontaire du corps est considérée comme un sacrilège », étant aussi « une épreuve supplémentaire infligée à la famille », a-t-il relevé.

Après une première phase à Gray-la-Ville, village de 900 âmes situé entre Vesoul et Dijon, ville où Jonathann, mis en examen pour « meurtre sur conjoint », est actuellement détenu, le dispositif judiciaire se transportera à quelques kilomètres de là, dans le bois d’Esmoulins. C’est dans ce bois que, le 28 octobre 2017, le corps partiellement calciné d’Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, avait été découvert, dissimulé sous des branchages.