Béziers: La ville condamnée pour parasitisme envers un artiste

JUSTICE Jean Pierson avait poursuivi la ville pour contrefaçon et parasitisme, estimant que le parcours de fresques historiques réalisé à travers Béziers s’était largement inspiré du projet initial qu’il avait proposé à Robert Ménard

20 Minutes avec AFP

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Robert Ménard, maire de Béziers.
Robert Ménard, maire de Béziers. — SYLVAIN THOMAS / AFP

La municipalité de Béziers, dirigée par Robert Ménard (proche du RN), a été condamnée pour concurrence déloyale et parasitisme envers le peintre muraliste Jean Pierson concernant un parcours de fresques dans la ville, dans un jugement rendu jeudi, dont l’AFP a obtenu une copie dimanche.

Le tribunal de grande instance de Marseille a condamné la ville de Béziers à verser à Jean Pierson 50.000 euros de dommages et intérêts en réparation des actes de concurrence déloyale et de parasitisme dont elle s’est rendue coupable en profitant du travail de cet artiste, dans le cadre de la réalisation d’un parcours de fresques historiques à travers la ville. La ville a en outre été condamnée à verser 4.000 euros au titre des frais de justice.

Jean Pierson, qui poursuivait aussi la ville pour contrefaçon de son œuvre au titre du droit d’auteur, a été débouté à cet égard, le parcours de fresques qu’il avait proposé à la mairie de Béziers et la scénographie de ce parcours ne pouvant être considérés comme une création, a estimé le tribunal.

« Une victoire pour tous les artistes victimes de parasitisme artistique »

Le peintre avait poursuivi la ville de Béziers pour contrefaçon et parasitisme car il estimait que le parcours de fresques historiques réalisé à travers la ville à la suite d’un appel d’offres s’était largement inspiré du projet initial qu’il avait proposé à Robert Ménard le 26 mai 2015. L’appel d’offres n’avait été lancé que le 15 juin 2015 et avait été finalement remporté par une autre association.

Dans sa plainte, Jean Pierson estimait que les fresques finalement réalisées avaient été faites « avec les mêmes pignons et selon le même parcours et la même thématique » que ceux qu’ils avaient proposés dans son projet. « Son projet c’est quoi ? C’est de proposer une série de fresques dans Béziers. Quelle originalité ? C’est ce que font toutes les villes ! » avait rétorqué Robert Ménard. « Il n’a qu’à essayer de faire breveter son idée par l’Inpi [Institut national de la propriété intellectuelle] », avait-il poursuivi.

Dans un communiqué transmis à l’AFP dimanche, Jean Pierson a estimé que ce jugement était « une victoire pour tous les artistes-auteurs (…) régulièrement victimes de parasitisme artistique malgré des projets déposés, exploités sans bourse délier et sans leur accord, au mépris de leurs droits ».