Côte d’Azur: Fini les pieds dans le sable, le tourisme «responsable» en pleine expansion

TOURISME Plusieurs programmes européens ont permis de développer le tourisme durable et responsable entre la France et l’Italie sur le pourtour Méditerranéen

Adrien Max
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Le tourisme éco responsable est en pleine expansion sur la Côte d'Azur.
Le tourisme éco responsable est en pleine expansion sur la Côte d'Azur. — SUPERSTOCK / SIPA
  • Plusieurs programmes européens visent à promouvoir le tourisme durable et responsable sur la Côte d’Azur, et plus généralement sur le pourtour méditerranéen entre l’Italie et la France.
  • L’objectif est de promouvoir le patrimoine culturel, gastronomique, afin de sensibiliser les touristes à leur préservation.

Comment occuper ses vacances sur la Côte d’Azur cet été ? Bronzer à la plage, boire un verre de rosé en terrasse, buller sur son matelas… Autant d’activités pratiquées depuis des années dans un territoire qui regorge pourtant de trésors. Plusieurs programmes européens ont permis de développer de nouvelles activités touristiques « durable et responsable » dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes, et plus généralement entre le pourtour méditerranéen italien et français.

« L’objectif est de développer une nouvelle façon de voyager plus responsable et avec des valeurs plus proches de l’environnement », détaille Caroline de Broissia, chargée de projet. Deux ans ont été nécessaires pour voir naître les projets Prometea, Itinera, Sistina, Smartic et Stratus, qui proposent un tourisme différent en partenariat avec des entreprises écotouristiques. Ces dernières peuvent ainsi se développer et améliorer leurs liens de coopération.

Qualité et responsabilité

Résultats, trois itinéraires agrotouristiques labélisés « Routes des vins de Provence » sont mis à l’honneur dans le Var et les Alpes-Maritimes dans le cadre du programme Prometea. « Nous avons voulu identifier de nouveaux sites, restaurants, qui valorisent les ressources territoriales et qui permettent de voyager différemment. Chercher de nouvelles filières à valoriser comme le miel, les truffes, la figue,… et sortir du cloisonnement viticole », détaille Caroline de Broissia.

Tony Damiano et sa femme Gislaine font justement partie de ce parcours. Ils sont agrumiculteurs à la Bigarade, sur les hauteurs de Juan-les-Pins et font également chambre d’hôtes. « Ce programme nous a permis de créer des partenariats avec d’autres chambres d’hôtes, plus sur le littoral. La notion de qualité, d’accueil, est très importante. Cela permettra de donner envie à nos hôtes d’adopter également un comportement responsable et respectueux de l’environnement », explique Tony.

Labélisation et certification

Le projet Sistina a quant à lui développé douze packages touristiques autour de quatre thématiques : le nautisme, le cyclotourisme, l’oenogastronomie et le bien-être entre la Côte d’Azur et la Liguerie. Le projet Itinera est à destination des croisiéristes, afin de leur faire découvrir des excursions insoupçonnées dans l’arrière-pays autour de la gastronomie et de sites naturels remarquables.

Deux autres projets concernent des certifications, notamment Stratus, qui certifie les entrepreneurs engagés dans le développement local de leur territoire, avec une sensibilisation particulière sur l’environnement. Un site web recense les 60 entreprises certifiées. Parmi elles des restaurants, des fermes pédagogiques, des agrotourismes. Le label Quality Made va également dans ce sens, en valorisant l’engagement écologique et sociétal de structures touristiques.

Eduquer les touristes

Des certifications qui intéressent la famille Damiano. « Je vais essayer de voir pour y adhérer. Je n’ai pas forcément besoin d’attirer plus de monde, mais une image qualitative amène toujours plus de crédibilité à la démarche », détaille Tony.

Le passage d’une stratégie quantitative à qualitative est d’ailleurs la tendance de fond constatée dans le milieu du tourisme. « C’est ce que les gens cherchent, ce n’est pas seulement une stratégie marketing. Et permettre d’encadrer ce tourisme ne pourra qu’être bénéfique, en éduquant les touristes afin de préserver les cultures et les territoires », avance Caroline de Broissia.