Pyrénées-Orientales : Une migrante érythréenne expulsée vers son pays, «une première» selon une association

IMMIGRATION Selon la préfecture, elle a été interpellée en mai dans le département avec un titre de séjour contrefait

N.B. avec AFP

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Illustration d'un centre de rétention administrative.
Illustration d'un centre de rétention administrative. — U. Amez / SIPA

Une migrante érythréenne, candidate à l’asile, a été expulsée vers son pays. « Il s’agit de la première expulsion par la France vers l’Erythrée, pays où règne l’une des dictatures les plus violentes du monde », déplore la Cimade, une association de défense des droits des migrants​ et des réfugiés.

Si le ministère de l’Intérieur, sollicité par l’AFP, n’a pas réagi, la préfecture des Pyrénées-Orientales a précisé les circonstances de cet « éloignement » dans un communiqué, mercredi. Cette Erythréenne avait été interpellée le 8 mai, alors qu’elle circulait dans un bus, en provenance de l’Espagne, et à destination de Paris. « Elle a présenté au service de la police aux frontières un titre de séjour contrefait et n’a pas été en mesure de justifier la régularité de son séjour sur le territoire national », indique la préfecture.

Sa demande d’asile a été refusée

La migrante a été placée le jour de son interpellation au centre de rétention administrative de Toulouse, avant d’être présentée deux jours plus tard devant un juge, qui a confirmé la prolongation de sa rétention. La cour d’appel, puis le tribunal administratif ont rejeté les requêtes de l’Erythréenne, note la préfecture. Enfin, sa demande d’asile a été refusée le 20 mai.

La Cimade dénonce un examen de la demande d’asile « dans l’urgence et par vidéoconférence » et le fait que la femme ait été privée d’un droit au recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) après la décision négative de l''Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Ces dernières années, des centaines de milliers d’Érythréens ont fui leur pays. En 2018, la rapporteuse spéciale de l’ONU en Erythrée s’inquiétait de la persistance de « violations massives des droits de l’Homme » par le régime, dénonçant en particulier le service militaire illimité, accusé de transformer des centaines de milliers d’Érythréens en esclaves. Dirigé d’une main de fer par le président Issaias Afeworki depuis son indépendance en 1993, l’Etat figure systématiquement dans les dernières places des classements internationaux en matière de libertés politiques, d’expression et des droits de l’Homme.