Une amende de 250 euros pour un militant qui a décroché un portrait de Macron

JUSTICE Six militants de l’association Action Non Violente-Cop 21 Beaujolais étaient jugés dans l’Ain pour avoir « réquisitionné » un portrait du président de la République en mars

Elisa Frisullo

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Des militants écologistes ont décroché le portrait d'Emmanuel Macron, en mairie de Saint-Sébastien. Illustration
Des militants écologistes ont décroché le portrait d'Emmanuel Macron, en mairie de Saint-Sébastien. Illustration — L. Venance/ AFP

Ce sont les premiers militants à avoir dû répondre devant la justice de leur « action de désobéissance civile » destinée à « symboliser le vide » de la politique climatique de l’Etat. Ce mercredi, six militants de l’association Action Non Violente-Cop 21 du Beaujolais ont été condamnés dans l’Ain à des amendes ferme et avec sursis pour avoir décroché et « réquisitionné » un portrait de Macron, installé au sein de la mairie de Jassans-Riottier.

Devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, l’un d’eux a écopé d’une amende ferme de 250 euros et les cinq autres prévenus, également poursuivis pour « vol en réunion et par ruse », d’une amende de 500 euros avec sursis. Des peines bien inférieures aux réquisitions du parquet qui, fin mai, avaient demandé des amendes de 1.000 à 2.000 euros.

Une soixantaine de portraits volés

Les faits s’étaient déroulés le 2 mars dans l’Ain dans le cadre d’une mobilisation nationale destinée à alerter et protester « contre l’inaction politique face à l’urgence climatique ». Depuis le début de l’année, une soixantaine de portraits du président de la République ont été réquisitionnés dans toute la France. Ce fut le cas à Paris, Wittelsheim (Haut-Rhin), Biarritz, Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques), Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), Marseille ou encore Lyon.

Les militants se sont engagés à restituer la photo « une fois que le gouvernement aura amorcé une politique à la hauteur de l’urgence climatique ». A Jassans-Riottier toutefois, le portrait devrait faire son retour plus vite que prévu, le tribunal de Bourg-en-Bresse ayant exigé que le bien subtilisé soit restitué au maire de la commune.

Neuf autres procès sont prévus pour les mêmes faits dans les villes concernées. A Lyon, les militants de l’association seront jugés le 2 septembre devant le tribunal correctionnel.