Prison de Condé-sur-Sarthe: La prise d'otage est terminée, les deux surveillants libérés

ACTU Le multidécidiviste Francis Dorffer est encore passé à l'acte, trois mois après l'attaque par le détenu radicalisé Michaël Chiolo

J.-L. D.

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Des soldats français déployés autour de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, où deux surveillants sont retenus en otage, le 11 juin 2019.
Des soldats français déployés autour de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, où deux surveillants sont retenus en otage, le 11 juin 2019. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

La prise d’otage à la prison de Condé-sur-Sarthe, à côté d’Alençon est terminée. Retenus pendant cinq heures, les deux surveillants ont été libérés sains et saufs, et le détenu placé en garde à vue, a annoncé à l’AFP la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP). Le détenu est Francis Dorffer, un multirécidiviste qui avait déjà participé à cinq prises d'otage en prison.

Le dénouement est intervenu peu après 0H30 et les deux surveillants sont "sains et saufs", a précisé la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP). La prise d’otages avait commencé vers 19H40, nécessitant l’intervention des équipes du RAID et des ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) dans ce centre de détention qui abrite des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline.

Francis Dorffer, libérable en 2060, coutumier de ce type de faits, avait pris en otage un surveillant et une stagiaire, mardi dans la soirée au moment du repas, armé « visiblement d’une arme artisanale, un pic », selon une source syndicale pénitentiaire.

« Il s’agit d’un détenu de 35 ans qui a sollicité son transfert et qui a cru bon de prendre en otage deux surveillants qu’il a enfermés dans sa propre cellule », a expliqué François Coudert, le procureur de la République d’Alençon, présent sur les lieux. « Lors de sa reddition il s’est débarrassé d’armes que l’on peut qualifier d’artisanales, notamment une paire de ciseaux, une fourchette ou encore un autre objet en plastique qui peuvent être potentiellement dangereux pour les personnes prises en otages », a ajouté le procureur qui a précisé que le détenu a été aussitôt placé en garde à vue pour séquestration.

Francis Dorffer, un multirécidiviste de la prise d’otage

Incarcéré depuis l’âge de 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes après des condamnations pour vols, viol et assassinat d’un codétenu, Francis Dorffer est aux yeux des personnels de l’Administration pénitentiaire le « champion de la prise d’otage carcérale ».

Francis Dorffer est associé à au moins cinq autres prises d’otages. En 2006, il avait retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Aube), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines). De source pénitentiaire, Francis Dorffer est suivi « pour radicalisation mais au sens très large de la radicalisation. Il n’a absolument rien à voir avec Chiolo. C’est un profil psychiatrique très lourd ». Selon cette source, « ses revendications s’affinent sur sa situation familiale, liée à son enfant ».

Trois mois après l’attaque de Michaël Chiolo

Plusieurs prises d’otages ont déjà eu lieu dans cette prison. Le 5 mars, Michaël Chiolo, qui purgeait une peine de 30 ans de réclusion à Condé-sur-Sarthe pour un crime de droit commun, avait poignardé deux surveillants avec un couteau en céramique. Ce détenu de 27 ans s’était ensuite retranché avec sa compagne pendant près de 10 heures dans une unité de vie familiale de la prison. Après des tentatives de négociations, les forces d’élite de la police avaient lancé l’assaut, blessant l’assaillant et tuant sa compagne Hanane Aboulhana.

Cette nouvelle agression commise par un détenu radicalisé avait provoqué un mouvement de mobilisation dans les prisons françaises et conduit la DAP à renforcer les mesures de sécurité dans l’établissement.