Bretagne: L214 et la Fondation 30 Millions d'amis accusent un élevage de 185.000 poules de maltraitance animale

ANIMAUX EN CAGE Les associations de défense des animaux L214 et la Fondation 30 Millions d'amis pointent du doigt un élevage de 185.000 poules pondeuses situé à Caro, dans le Morbihan

F.H. avec AFP

— 

Un poulet. (Illustration)
Un poulet. (Illustration) — Ludovic MARIN / AFP
  • La Fondation 30 Millions d'amis et l’association L214 ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’élevage « pour mauvais traitements commis par un professionnel et abandon » auprès du procureur de la République de Vannes.
  • « C’est simple de fournir des images chocs quand on veut qu’elles soient chocs. Qu’on arrête de taper sur les éleveurs qui font le job », a dénoncé l’exploitante Anne-Françoise Robin, évoquant un « bon montage ».

Des centaines de milliers de poules élevées dans des « conditions de vie catastrophiques ». Les associations de défense des animaux L214 et la Fondation 30 Millions d'Amis pointent du doigt un élevage de 185.000 poules pondeuses situé à Caro, dans le Morbihan.

« Plusieurs poules sont abandonnées au sol, à proximité des cadavres entassés de leurs congénères, parfois en état de décomposition avancée. Elles n’ont plus accès ni à l’eau, ni à la nourriture distribuées dans les cages et sont donc assoiffées et affamées. Certaines mourront ainsi de soif et de faim », écrivent les associations dans un communiqué, qui accompagne des images « tournées le 3 mai » et diffusées sur Internet.

« L’élevage en cage est une pratique ignoble pour les animaux. Cette exploitation fournissant le groupe Avril, numéro un français des huiles de table et des œufs, aggrave encore leur supplice du fait du ramassage bâclé et de l’indifférence totale quant au sort des nombreuses poules tombées au sol, agonisantes ou déjà mortes », ajoutent-elles.

« Ils me visent parce que j’ai des responsabilités dans le métier »

La Fondation 30 Millions d’amis et l’association L214 ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’élevage « pour mauvais traitements commis par un professionnel et abandon » auprès du procureur de la République de Vannes. Contacté par l’AFP, le procureur de Vannes n’a pas pu confirmer le dépôt de cette plainte dans l’immédiat.

« C’est du harcèlement complet », a dénoncé l’exploitante Anne-Françoise Robin, évoquant un « bon montage ». « C’est simple de fournir des images chocs quand on veut qu’elles soient chocs. Qu’on arrête de taper sur les éleveurs qui font le job », a-t-elle ajouté.

« On fait notre travail de notre mieux en appliquant toutes les réglementations qui nous sont imposées. On est toute l’année avec nos animaux, dimanches, jours fériés et fêtes comprises », a ajouté l’éleveuse, par ailleurs trésorière du comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). « Ils me visent parce que j’ai des responsabilités dans le métier et que je fournis le groupe Avril », a-t-elle pointé.

« On est pris entre nos éleveurs et nos clients »

Selon les associations, le groupe Avril ne s’est en effet « toujours pas engagé publiquement à tourner le dos à l’élevage en cage pour l’ensemble de ses activités, contrairement à plusieurs de ses concurrents ».

« Ce n’est pas parce que nous n’avons pas pris d’engagement public que le groupe Avril n’est pas engagé dans la conversion », a réagi David Cassin, directeur des relations parties prenantes du groupe agro-industriel, qui produit 3,5 milliards d’œufs par an (25 % de la consommation française). Pour les œufs destinés à l’industrie agroalimentaire et à la restauration collective, « on est pris entre nos éleveurs, que l’on doit accompagner pour ne pas les laisser à la rue, et des clients qui ne sont pas toujours engagés pour un arrêt de la cage », a-t-il ajouté à l’AFP.

Près de 60 % des poules pondeuses élevées en cage

L’éleveuse mise en cause dans le Morbihan est d’ailleurs « engagée dans la conversion », a souligné David Cassin. Anne-Françoise Robin a en effet indiqué qu’elle était en train de convertir un de ses bâtiments en bio et que les trois autres devaient être transformés en volières dans un an, alors que les poules sont actuellement en cages.

La part des poules pondeuses élevées dans des modes alternatifs aux cages est passée de 19 % en 2008 à 42,2 % en 2018 en France, selon le CNPO. Outre les élevages en cages (Code 3 sur les œufs), les poules peuvent être élevées au sol sans parcours extérieur (code 2), en plein air (code 1) ou en élevage biologique (code 0).