Lourdes: Moins de business et plus de dévotion dans la cité mariale, c'est un peu le message du Pape

RELIGION Un nouveau délégué pontifical a été nommé à Lourdes pour réaffirmer vocation spirituelle du sanctuaire

20 Minutes avec AFP

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Dans un commerce de la cité mariale, à Lourdes. (Illustration)
Dans un commerce de la cité mariale, à Lourdes. (Illustration) — H. Menal / 20 Minutes

Le culte spirituel oui, mais pas celui de l’argent. C’est un peu le message que viendrait d’envoyer le pape François aux gestionnaires de la cité mariale. Ce dernier vient en effet de nommer un délégué pontifical à Lourdes dont la mission sera de réaffirmer la vocation spirituelle du sanctuaire des Hautes-Pyrénées, négligée ces dernières années au profit de la gestion financière.

Le pape François souhaite « que le primat spirituel soit mis en avant par rapport à la tentation de trop souligner les aspects liés à la gestion ou aux finances », explique Vatican News qui s’est fait l’écho jeudi de la nomination de l’évêque auxiliaire de Lille, Mgr Antoine Hérouard.

Des finances qui sont à nouveau au vert après une cure d’austérité menée ces dernières années. Depuis dix ans, le sanctuaire accumulait les pertes, mais il est sorti l’an passé du rouge financier.

Il faut dire que les pèlerins étaient moins au rendez-vous ces dernières années, notamment les Italiens qui se sont tournés vers Međugorje, une ville de Bosnie-Herzégovine depuis l’apparition supposée de la Vierge Marie en 1981.

Résultat d’exploitation positif

La mission du délégué pontifical sera limitée au seul sanctuaire de Lourdes et sera, selon le site d’information du Saint-Siège, de le voir devenir « toujours plus un lieu de prière et de témoignage chrétien correspondant aux exigences du peuple de Dieu ».

Après une visite de son conseiller pontifical pour la « Nouvelle évangélisation », Mgr Fisichella, le pape « désire comprendre quelles formes ultérieures le sanctuaire de Lourdes peut adopter, outre les multiples formes déjà existantes, pour devenir toujours plus un lieu de prière et de témoignage chrétien correspondant aux exigences du peuple de Dieu », indique-t-il.

Selon le quotidien La Stampa, cette nomination serait une sorte de « mise sous tutelle » de l’actuel gestionnaire de Lourdes, Mgr Nicolas Jean René Brouwet, qui « paie le choix de confier la gestion au manager Guillaume de Vulpian », un ancien cadre de Renault appelé à la rescousse en 2017 pour redresser les comptes du site.

Ce dernier avait indiqué en avril dernier que l’année 2018 s’était conclue sur un résultat d’exploitation positif, à 200.000 euros, après dix années de déficits dont le cumul a atteint 10 millions d’euros.