Coupe du monde féminine: Un dispositif de sécurité inspiré de l'Euro 2016 mais allégé

SECURITE Le dispositif de sécurité de la Coupe du monde féminine, qui débute ce vendredi avec France-Corée du Sud au parc des Princes, a été inspiré de l’Euro 2016 mais adapté à l’ampleur de l’événement

Caroline Politi

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Ce vendredi est donné le coup d'envoi de la Coupe du monde féminine de football.
Ce vendredi est donné le coup d'envoi de la Coupe du monde féminine de football. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Un protocole de sécurité a été signé le 24 mai entre le ministère de l’Intérieur et le comité organisateur de la Coupe du monde féminine de football.
  • Le dispositif est inspiré de l’Euro 2016.

Assurer la sécurité, parer au risque d’attentat ou de débordements tout en maintenant le caractère festif de l’événement. C’est le défi auquel sont désormais confrontées les autorités lors des grands rendez-vous sportifs. Et la Coupe du monde féminine de football, qui débute ce vendredi, n’échappe pas à la règle. « Pour le dispositif, on s’est appuyé sur notre expérience de l’Euro 2016 », explique le préfet Pierre Lieutaud, coordinateur national de la sécurité des Jeux olympiques et des grands événements sportifs.

Plus d’un an a été nécessaire pour planifier chaque détail. Une nouvelle fois, le principe de coproduction de sécurité prime : la sécurisation à l’intérieur des stades relève de la Fédération internationale de football (FIFA) et sera assurée par des agents privés, à l’extérieur, elle incombe à l’Etat et est garantie par les policiers, gendarmes ou militaires de l’opération Sentinelle. Des équipes d’intervention, comme le Raid, le GIGN ou la BRI se tiendront également prêtes à intervenir à chaque match.

« Calquer poste pour poste le dispositif de 2016 n’aurait pas de sens »

L’accès au stade sera également strictement encadré. Ainsi, pour le match d'ouverture France-Corée du Sud, comme pour tous ceux se jouant dans la capitale, la préfecture de police de Paris a instauré un périmètre de protection entre 17 et 23 heures. Les automobilistes ne peveut ni circuler ni stationner aux abords du parc des Princes. Mêmes mesures prises dans le village de la Coupe du monde, au forum des Halles, où sont retransmis les matchs. 

Si la philosophie ne change pas, l’ampleur du dispositif, lui, est difficilement comparable. En 2016, quelque 90.000 personnes – policiers, gendarmes, militaires ou agents privés – avaient été mobilisées. Aucun chiffre n’a pour l’heure été communiqué pour ce Mondial mais tous les acteurs du secteur s’accordent sur le fait qu’il est de moindre portée. « Calquer poste pour poste le dispositif de 2016 n’aurait pas de sens, nous avons pris en compte les spécificités de cet événement », analyse le coordinateur national de la sécurité. Si une dizaine de stades sont d’ores et déjà pleins, ils sont plus petits que ceux de l’Euro. De même, il n’y a pas autant de fan-zones. Et si la menace terroriste reste prégnante, la gestion des flux de spectateurs, elle, est plus simple.

Les femmes mises en avant

Non seulement le nombre de supporters attendu est moindre mais ce public est également différent. « Les hooligans ou les groupes ultras présents dans les clubs ne s’intéressent pas – ou très peu – au football féminin et les équipes des pays dits “à risque”, comme les pays d’Europe de l’Est, ne sont pas qualifiées », expliquait en début de semaine à 20 Minutes  Antoine Mordacq, le chef de lutte contre le hooliganisme. Si certaines rencontres sont désignées comme étant « à risque », en raison notamment d’un grand nombre de spectateurs ayant fait le déplacement, le public est principalement familial.

Autre spécificité du dispositif : une volonté de féminiser les rangs. Chaque sélection nationale sera ainsi encadrée par une femme agent de liaison. « C’est vrai que ça peut donner l’impression d’un clin d’œil un peu facile mais c’est aussi pour mettre en avant, en interne comme en externe, de mettre en valeur les carrières de nos collègues féminines. » Un message d’égalité dans ces professions qui ne cessent de se féminiser.