Le site JPP Baby organise régulièrement des tournois, comme ici au bar Le Delta à Rennes.
Le site JPP Baby organise régulièrement des tournois, comme ici au bar Le Delta à Rennes. — Page Facebook de JPP Baby

LOISIRS

Baby-foot: Pour les passionnés, «un sport à part entière» qui «crée du lien social»

Rennes accueille dimanche un grand tournoi de baby-foot, en prélude à la projection d’un documentaire

  • Rennes accueille dimanche un tournoi de baby-foot, avant la diffusion d’un documentaire réalisé par deux passionnés.
  • Pour les mordus de baby-foot, c’est une pratique qui permet de créer du lien social en réunissant des gens de tous horizons.
  • Certains jouent au baby-foot en club et y voient un vrai sport demandant technique, entraînement et maîtrise psychologique.

Gamelle, pissette, demi… Un jargon technique connu de tous ceux ayant déjà taquiné la balle en liège dans une arrière-salle de bar. Mais pour certains mordus, le baby-foot, loin de n’être qu’un simple souvenir des années lycée, est devenu une véritable passion. C’est ainsi le cas de tous les participants au grand tournoi organisé dimanche au gymnase de la Tour d’Auvergne, à Rennes.

Un apéritif avant le plat de la résistance de la journée : la diffusion du documentaire A la recherche de Collignon, de Cédric Brandilly et Nicolas Marchand. Ces deux trentenaires ont filmé leur road-trip en Belgique, sur les traces de Collignon, multiple champion du monde et véritable légende de la discipline.

« À la même table, je me suis déjà retrouvé avec un interne en médecine, un punk à chiens et un avocat »

Passionné de baby-foot depuis une grosse vingtaine d’années, Cédric Brandilly a attrapé le virus au collège : « On arrivait en mobylette au bistrot et on jouait toute la journée », se souvient-il. Après un petit break de quelques années en arrivant sur Rennes, durant ses années fac, il se remet à pratiquer avec son éternel binôme Nicolas Marchand. « Je n’habite plus sur Rennes mais à l’époque, je jouais tout le temps car j’avais un baby-foot chez moi, sans compter tous les samedis dans les bars plus au moins un mercredi ou un jeudi soir », raconte-t-il.

Très vite, le duo « repart crescendo », au point de « mettre des tannées à tout le monde au bistrot ». « Avec Nico, ça fait 20 ans qu’on joue en doublette ensemble donc on a développé des techniques à nous, explique Cédric Brandilly. Par exemple, quand on tape sur le pied de l’autre, ça veut dire "je te mets la balle à gauche" ».

Pour lui, le baby-foot est une pratique qui « crée du lien social ». « À la même table, je me suis déjà retrouvé avec un interne en médecine, un punk à chiens et un avocat, soit que des personnes qui ne se seraient pas adressé la parole autrement, remarque-t-il. Et moi qui voyageais souvent tout seul, j’ai rencontré pas mal de gens comme ça à l’étranger : tu rentres dans un bistrot, tu mets une pièce et tu prends la gagne. »

« Si tu viens en jeans dans un club, on va te sortir "t’es pas au PMU ici" »

Aujourd’hui, déplore Cédric Brandilly, il y a de moins en moins de baby-foots dans les bars car « c’est bruyant et ça prend beaucoup de place ». Le Alex’s Tavern, rue Saint-Michel, est ainsi l’un des rares troquets rennais à encore disposer d’un baby-foot, un Bonzini B60 « en bon état » d’après le site JPP Baby qui répertorie les meilleurs spots dans différentes villes françaises. « On est un des seuls bars à jeux à Rennes et beaucoup de clients viennent pour ça, souligne le gérant Stéphane Briand. On attire les bons joueurs rennais chez nous. »

Parmi ces derniers, certains ont décidé de pratiquer en club. Et pour eux, c’est du sérieux ! « Le baby en compétition, c’est en jogging, illustre Cédric Brandilly, taquin. Si tu viens en jeans dans un club, on va te sortir "t’es pas au PMU ici". » Aujourd’hui, la Fédération française de football de table (FFFT) – le nom officiel du baby-foot – compte quelque 1.500 licenciés.

Des pratiquants pour lesquels le baby est à la fois « une passion et un sport à part entière », affirme Emmanuel Sichère, président du club de Marzan (Morbihan) et trésorier de la FFFT. Âgé de 47 ans, celui-ci a « commencé à 16 ans dans les cafés ». « Je rapprocherais un peu ça du ping-pong, indique-t-il. Il faut de l’entraînement, de la technique et aussi beaucoup de psychique dans la façon d’observer le jeu. Et on finit toujours en sueur ! » En tout cas, Emmanuel Sichère l’assure, « pour le contact humain, il n’y a pas mieux que le baby-foot ».