Elevage de lapins: Les principaux acteurs de la filière veulent abandonner les cages

ANIMAUX Les lapins seront élevés dans des enclos au sol de 10 m², avec des terriers et des zones de repos, ce qui leur permettra de courir, sauter et se terrer

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un petit lapin.
Illustration d'un petit lapin. — G. Swaine / SIPA

« On double la surface par animal, c’est une révolution ». Matthieu Loeul, directeur commercial chez Loeul & Piriot, le spécialiste de la transformation de la viande de lapin, est enthousiaste. Les principaux acteurs de la filière vont en effet lancer des élevages responsables, sans cage, dont les produits seront en vente dans la grande distribution début 2020.

« Ce nouveau mode d’élevage répond à un double enjeu : la baisse de la consommation de viande et les attentes sociétales sur le bien-être animal », a assuré ce mercredi Stéphane Bouju, président de l’association Eleveurs & bien qui promeut l’initiative.

Une alimentation sans OGM

L’association réunit la CPLB qui rassemble 180 producteurs de lapins, le groupement de 110 éleveurs cunicoles de la coopérative Terrena et donc Loeul et Piriot. Ces trois géants du secteur représentent à eux seuls 60 % de la production et de la transformation françaises.

Les lapins ne seront plus élevés en cage, mais dans des enclos au sol de 10 m², avec des terriers et des zones de repos, ce qui leur permettra de courir, sauter et se terrer. Ils auront droit à une alimentation sans OGM, exclusivement végétale et riche en acide gras oméga 3.

Une compensation pour les éleveurs

« L’association Eleveurs & bien dispose de nombreux arguments pour communiquer auprès du grand public. Sa force sera de pouvoir le faire avec des images qui contribueront à modifier la perception du consommateur de l’élevage de lapin », a assuré Amélie Legrand de l'association CIWF, dédiée au bien-être des animaux de la ferme.

Comme le coût de production sans cage augmente de 15 % à cause de la baisse de densité des animaux, « les éleveurs qui investissent seront accompagnés et bénéficieront d’une partie de la plus-value », ajoute Matthieu Loeul.

25 % de la production sans cage d’ici 2025 ?

Pour l’instant, il existe « deux élevages pilotes et une quinzaine sont en projet », selon le président de la CPLB Gwenaël Moreau. L’objectif est d’atteindre « 25 % de la production d’ici 2025 » sans cage. Les produits seront lancés début janvier 2020 en grande distribution sous la marque Lapin & bien.

Autre avantage de ces élevages sans cage à l’heure où de nombreux éleveurs cunicoles vont partir à la retraite : l’attractivité. « Les nouvelles générations d’éleveurs sont sensibles à apporter des réponses aux demandes sociétales », explique Stéphane Bouju.