Non, l'adolescente néerlandaise Noa Pothoven, qui souffrait de dépression, n'a pas «choisi l'euthanasie»

FAKE OFF De nombreux médias français et étrangers rapportent à tort qu’une Néerlandaise de 17 ans souffrant de dépression a été euthanasiée à sa demande

Alexis Orsini

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Photo d'illustration.
Photo d'illustration. — Pixabay
  • La mort de Noa Pothoven, une Néerlandaise de 17 ans souffrant de dépression à la suite de multiples viols, a été particulièrement relayée par de nombreux médias français comme à l'étranger.
  • La plupart affirment à tort qu'elle a été euthanasiée à sa demande.
  • En réalité, la jeune femme est décédée après avoir cessé de s'alimenter et de boire, une clinique de fin de vie ayant refusé sa demande d'euthanasie. 

 

« Face à une vie qu’elle ne supportait plus, Noa, 17 ans, a choisi l’euthanasie », « Victime d’agressions sexuelles, cette adolescente a choisi d’être euthanasiée »…

Plusieurs médias français ont relayé, ce mercredi 5 juin, l’histoire tragique de Noa Pothoven, une Néerlandaise de 17 ans souffrant de dépression depuis les différents viols subis pendant son enfance, dont la disparition est également reprise par de nombreux confrères européens.

Mais contrairement à ce que rapportent ces articles, la jeune femme n’est pas décédée des suites d’une euthanasie (légale aux Pays-Bas à condition de remplir certaines conditions) : elle a mis fin à ses jours par ses propres moyens.

FAKE OFF

La cause de sa mort, survenue dimanche 3 juin, a été confirmée par la clinique de fin de vie De Levenseindekliniek, qui avait refusé sa demande il y a quelques mois.

Si l’établissement n’a pas donné suite aux sollicitations de 20 Minutes, il a publié un communiqué sur son site, dans lequel il explique : « Notre politique de confidentialité nous interdit de faire la moindre déclaration à ce sujet [mais] pour mettre fin aux informations inexactes sur sa mort rapportées dans les médias (notamment étrangers), nous nous référons au communiqué publié par ses amis aujourd’hui : Noa Pothoven n’est pas morte après une euthanasie. Elle a décidé de mettre fin à ses souffrances en cessant de boire et de s’alimenter. »

Noa Pothoven ne disait pas autre chose dans son dernier message laissé sur Instagram il y a quelques jours, pourtant cité par les différents médias ayant relayé son parcours – qu’elle avait elle-même raconté dans son autobiographie.

En décembre dernier, l’adolescente expliquait en outre, dans un article du quotidien néerlandais De Gelderlander, que l’établissement avait rejeté sa requête d’euthanasie au motif (parmi d’autres) qu’elle était « trop jeune ».

Aux Pays-Bas, la loi autorise l’euthanasie à partir de 18 ans, après vérifications de différents éléments (les souffrances du patient doivent notamment être « insupportables et sans espoir d’amélioration »).