Bretagne: Elsa va sillonner les routes du monde avec son chien Olaf

TOUR DU MONDE La jeune femme de 26 ans doit quitter Fougères samedi en voiture, pour un premier périple à travers 32 pays

Manuel Pavard

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Elsa, 26 ans, et son chien Olaf partent pour un tour du monde en voiture.
Elsa, 26 ans, et son chien Olaf partent pour un tour du monde en voiture. — Elsa Buffard
  • Elsa, une jeune Bretonne de 26 ans, part samedi de Fougères pour un tour du monde en voiture avec son chien.
  • Pour emmener son animal, qui ne la quitte jamais, elle a dû affronter bien des tracasseries administratives.
  • Les deux globe-trotters traverseront d'abord 32 pays européens, avant de repasser quelques jours en France pour repartir ensuite vers l'Amérique.

Cette fois, ça y est, le grand départ approche. Samedi matin, Elsa s’élancera de Fougères (Ille-et-Vilaine) au volant de sa Dacia Break, avec son fidèle compagnon Olaf, un croisé cocker épagneul d’un an et demi. « Je passe d’abord par l’Allemagne, puis je me dirigerai vers la Grèce et la Turquie pour remonter vers la Biélorussie et la Finlande, avant de redescendre ensuite par la Pologne jusqu’en Italie, et de repasser enfin quelques jours à Montpellier pour les formalités administratives », détaille la jeune femme de 26 ans.

Un tour d’Europe à travers 32 pays, première étape d’un tour du monde que la Choletaise (Maine-et-Loire) d’origine entreprend en voiture avec son chien. Suivront ensuite l’Amérique et l’Asie, l’Afrique étant pour l’instant repoussée en raison de l’actualité peu propice à la traversée du continent.

Echapper au quotidien rythmé par les rendez-vous médicaux

Ce projet, elle y pense jour et nuit depuis de longs mois. Pourtant, Elsa l’assure, elle n’est « pas stressée » plus que ça. « Ce qui me stresse le plus, ce sont les gens qui me posent la question, rétorque-t-elle. Moi, je me sens comme si je partais en week-end en camping avec des amis. »

Pour l’ancienne patineuse artistique de niveau national, ce voyage est d’abord une échappatoire face à un quotidien rythmé par les rendez-vous médicaux et les hospitalisations. Elsa se débat en effet depuis des années avec de sérieux troubles du comportement alimentaire.

« J’ai toujours eu la bougeotte et en me retrouvant entre quatre murs à l’hôpital, je me suis sentie étouffer », raconte celle qui était entraîneur de patinage à Montpellier, avant d’emménager à Fougères en août dernier pour y devenir coach de gymnastique. Un nouvel arrêt maladie décrété par les médecins quelques jours après sa prise de fonction fera office de déclic.

« Mon chien m’a sauvé la vie plus d’une fois »

Mais pourquoi partir avec son chien, source d’évidentes tracasseries administratives ? « Je ne l’abandonne pas, il me suit partout, explique Elsa. C’est un plus sur le plan de la sécurité et de la santé car il m’a sauvé la vie plus d’une fois. L’an dernier, je venais d’avoir Olaf et j’étais descendue à 29 kilos pour 1,65 m. Lors d’une randonnée, je me suis effondrée et il a eu le réflexe d’aller au camping à côté et d’aboyer pour que les gens viennent m’aider. Et dès que j’étais en hypokaliémie [baisse de concentration de potassium dans le sang], il le sentait et son comportement changeait. »

Entre les différents vaccins et traitements et « les certificats de bonne santé à faire tous les 21 jours ou 8 jours en fonction des pays », la préparation du voyage d’Olaf a été un vrai parcours du combattant.

Entre les vaccins et certificats, 5000 euros rien que pour le chien

« Pour la Biélorussie, il a fallu faire traduire le passeport du chien par un vétérinaire agréé, illustre Elsa. On a dû aussi renoncer à la Russie à cause de la réglementation quasi militaire exigée pour les chiens. Et pour l’Albanie, c’est compliqué car le pays ne fait pas partie de l’Union européenne et la sérologie contre la rage est demandée à chaque fois qu’on rentre et sort de l’UE. »

Au total, la jeune femme a ainsi dû débourser près de 5.000 euros rien que pour son chien. Une large part d’un budget global estimé à environ 10.000 euros – financé grâce à ses économies personnelles, auxquelles s’ajoutent diverses subventions. Elsa a en effet dû acheter un break aménageable et payer assurances, permis international et révision complète.

« Pas un voyage à durée déterminée »

Les deux globe-trotters dormiront dans la voiture mais « pas toujours, prévient-elle. Je compte aussi sonner chez les gens de temps en temps et dormir chez l’habitant quand c’est possible, en échange de petits travaux. » Elsa partagera son périple sur son blog et sur des vidéos destinées aux écoliers de la région.

Quant au retour, celui-ci est pour l’heure très loin de ses pensées. « Les gens me demandent toujours quand je rentrerai mais ce n’est pas un voyage à durée déterminée, souligne-t-elle. Tout dépend des rencontres et de mes envies une fois sur place. Dans la société actuelle, tout doit être calé. Moi, au contraire, je voyage pour avoir une vraie liberté. »