Aéroport de Nantes: «Menteurs», «on ne vous croit plus»... La première réunion publique a été houleuse

AEROPORT La première réunion publique de la concertation sur le réaménagement de l'aéroport a tourné au dialogue de sourds mardi soir, à Nantes

Frédéric Brenon

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Près de 500 personnes étaient présentes mardi soir à la première réunion publique de la concertation.
Près de 500 personnes étaient présentes mardi soir à la première réunion publique de la concertation. — F.Brenon/20Minutes
  • La concertation publique préalable au réaménagement de Nantes-Atlantique est ouverte jusqu'au 31 juillet.
  • La première réunion publique se déroulait mardi soir à Nantes.
  • Les riverains, inquiets des nuisances sonores, sont très critiques envers les services de l'Etat.

« Transfert, transfert, transfert ! » La première réunion publique de la concertation préalable au réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique a tourné au dialogue de sourds mardi soir, à l’espace Titan, sur l’île de Nantes. Près de 500 personnes s’étaient inscrites pour en savoir plus sur les options proposées dans le but d’améliorer la plateforme aéroportuaire et de tenter de diminuer les nuisances sonores. Le préfet Claude d’Harcourt et la direction générale de l'aviation civile (DGAC) ont eu beau répéter que la concertation serait « exemplaire », qu’il fallait « se tourner vers l’avenir », que la protection de la population était une « préoccupation majeure », l’hostilité était vive dans une salle remplie par une large majorité de riverains excédés par le « bruit devenu insupportable ».

Les scénarios présentés (allongement de la piste, piste en V, piste transversale, nouvelle aérogare…) n’ont reçu principalement que des huées, au contraire du déménagement de l’aéroport qui, lui, n'est plus à l'ordre du jour. L’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2018, n’a clairement pas été digéré.

« Un choix uniquement entre des mauvaises solutions »

« Pendant 15 ans la DGAC a défendu la nécessité d’un transfert et maintenant elle dit le contraire », s’est indigné Joël Sauvaget, président du collectif de riverains Coceta, déclenchant une salve d’applaudissements. « Toutes les raisons qui ont motivé le transfert sont encore plus prégnantes aujourd’hui », a insisté Dominique Boschet président de l’Acsan, autre collectif.

« Comment voulez-vous qu’on s’inscrive dans une concertation quand notre vote n’a pas été respecté ? C’est impossible », a tancé un « citoyen rezéen » faisant référence à la consultation électorale de juin 2016 dont le résultat était en faveur du transfert de l’aéroport. « Vous nous demandez de faire un choix uniquement entre des mauvaises solutions. Et dans quelques années on parlera du scandale du réaménagement de Nantes-Atlantique ! » a renchéri un autre habitant.

Le directeur de la DGAC « plaide coupable »

La DGAC a également été prise à partie au sujet de ses prévisions de trafic « systématiquement sous-évaluées » depuis dix ans. Patrick Gandil, son directeur, « plaide coupable » de n’avoir « pas suffisamment anticipé le phénomène des low-cost ». Sous pression, il s'est dit prêt à « accepter une expertise indépendante » sur les chiffres inscrits au dossier. Le préfet a, de son côté, promis qu’une étude d’impact sanitaire serait produite. « Elle aurait déjà dû figurer au dossier de concertation. Ne refaisons pas une connerie médicale », s’est insurgé un « médecin » dans le public.

La réunion publique s’est achevée dans la confusion vers 22h20, près d’une heure après l’horaire prévu. « Je comprends qu’il y ait de l’émotion, qu’il y ait un historique », a tenté d’apaiser au micro Yoann La Corte, directeur du projet de réaménagement de Nantes-Atlantique pour la DGAC. « Vous n’êtes que des menteurs » a balancé un riverain au fond de la salle. « On se fait enfumer », fulminait un autre en quittant sa chaise. La concertation publique est ouverte jusqu’au 31 juillet.