Réforme ferroviaire: Des milliers de cheminots dans la rue à Paris pour dénoncer un «rouleau compresseur»

SNCF Cette manifestation nationale était la première depuis la promulgation du « nouveau pacte ferroviaire », fin juin 2018, qui ouvre à la concurrence et instaure l’arrêt des embauches

20 Minutes avec AFP

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Manifestation de cheminots le 3 avril 2018 à Paris.
Manifestation de cheminots le 3 avril 2018 à Paris. — SIPA

Plusieurs milliers de cheminots ont manifesté, ce mardi à Paris, à l’initiative des quatre syndicats représentatifs de la SNCF, pour protester contre la réforme ferroviaire et la dégradation du climat social dans l’entreprise.

Quelque « 15.000 cheminots » étaient présents, selon le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, qui s’est dit « très satisfait » de cette « très très bonne mobilisation ». « Si le gouvernement ne réagit pas, c’est sûr que d’ici la fin de l’année, il y aura un conflit », a-t-il assuré. De son côté, la préfecture de police a comptabilisé 5.500 manifestants.

« Les premiers effets de la réforme »

Cette manifestation nationale unitaire était la première depuis la promulgation du « nouveau pacte ferroviaire », fin juin 2018. Une loi qui planifie l’ouverture à la concurrence du transport national ferroviaire de voyageurs et qui instaure l'arrêt des embauches au statut de cheminot à partir du 1er janvier 2020, date à laquelle la SNCF sera transformée en plusieurs sociétés anonymes.

L’ordonnance portant sur l’organisation de la nouvelle SNCF, issue de ce «nouveau pacte ferroviaire» de juin 2018, a d’ailleurs été publiée mardi au Journal Officiel. « Notre combat de l’an dernier était légitime. Aujourd’hui, on voit les premiers effets de la réforme avec des fermetures de lignes, de gares et des suppressions d’emplois massives », a assuré Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD-Rail.

« Réorganisations permanentes » et « suppressions de postes »

Après leur longue grève de 36 jours sur trois mois du printemps 2018, la CGT-Cheminots​, l’Unsa ferroviaire, SUD-Rail et la CFDT-Cheminots renouaient ainsi avec le combat unitaire pour dénoncer les incertitudes encore liées à cette réforme et les « réorganisations permanentes » à la SNCF, entraînant « sans exception des suppressions de postes ».

« Avec la concurrence, du jour au lendemain, on pourra changer d’employeur, ça m’inquiète. Et depuis des années, il y a des réductions d’effectifs avec la perte de savoir-faire qui en découle », a assuré Cyrille, 43 ans, technicien de maintenance depuis 18 ans à Tergnier, en Picardie.

Un « Observatoire de la transformation » lancé par la SNCF le 24 juin

Du côté de la direction, on assure que l’encadrement est « parfaitement lucide » quant aux « inquiétudes des salariés ». Un « Observatoire de la transformation » sera installé le 24 juin pour veiller à l'« accompagnement individuel et collectif » des cheminots dans une entreprise où « il y a d’énormes transformations ». Si la journée de mardi ne faisait pas l’objet d’appel national unitaire à la grève, des préavis locaux ou nationaux devaient permettre aux salariés de venir grossir les rangs des manifestants.

Avant la manifestation, une délégation CGT et SUD a été reçue par l’UTP (l’organisation patronale du secteur) pour défendre le rattachement de la restauration ferroviaire à la branche du transport ferroviaire, et non à celle de la restauration de collectivités.