Inégalités hommes-femmes: Une action de groupe lancée contre la Caisse d'Epargne Île-de-France

SALAIRES C’est la troisième fois que cette procédure, prévue par une loi de novembre 2016, est engagée en France pour faire cesser une discrimination dans le monde du travail

20 Minutes avec AFP

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Marseille, le 22 octobre 2008. Un homme attend devant un distributeur de billets de la Caisse d'épargne.
Marseille, le 22 octobre 2008. Un homme attend devant un distributeur de billets de la Caisse d'épargne. — GERARD JULIEN / AFP

Près de 18 %, c’est la différence de salaire entre les femmes et les hommes à la Caisse d'Epargne Ile-de-France, selon des militants de la CGT qui ont lancé, ce mardi, une « action de groupe » pour « frapper un grand coup » et « faire un exemple ».

C’est la troisième fois que cette procédure, prévue par une loi de novembre 2016, est engagée en France pour faire cesser une discrimination dans le monde du travail. Mais c’est la première fois qu’elle s’attaque aux inégalités entre les sexes, ont expliqué les militants à l’initiative de cette action.

Des chiffres « trompeurs », selon la direction de la Caisse d'Epargne Ile-de-France

La démarche a été lancée mardi matin par une « mise en demeure » adressée à la direction du groupe bancaire. Elle pourrait déboucher dans six mois sur une assignation devant le tribunal de grande instance de Paris si, d’ici là, la direction n’a pas réagi par des mesures jugées adéquates. Cette action de groupe, « c’est l’occasion de frapper un grand coup et de faire cesser ces discriminations insupportables qui durent depuis tant d’années », a expliqué Catherine Vinet-Larie, référente juridique pour la CGT à la Caisse d'Epargne Ile-de-France (CEIDF).

Selon la CGT, qui dit s’appuyer sur le bilan social 2018 de la CEIDF, l’écart moyen de rémunération entre hommes et femmes « n’a fait qu’augmenter ces trois dernières années » dans l’entreprise, pour atteindre 18 %, et même 34 % pour les catégories supérieures. En outre, en 2018, 56 % des promotions professionnelles « avec changement de catégorie » ont bénéficié à des hommes, alors qu’ils ne représentent que 38 % des effectifs. La direction de l’entreprise s’est dite « surprise » par cette « démarche un peu solitaire » de la CGT, qui selon elle avance des chiffres « trompeurs ».

Pour l’entreprise, les rémunérations sont quasiment équivalentes

En matière de rémunération, « il faut comparer à emploi équivalent et ancienneté équivalente », a expliqué le directeur des ressources humaines de la CEIDF, François de Laportalière. En raisonnant ainsi, les rémunérations des hommes et des femmes sont quasiment équivalentes, a-t-il affirmé, et même « légèrement supérieures » pour les femmes non-cadres.

Les chiffres avancés par la CGT ne portent par ailleurs que sur « une partie » des promotions professionnelles, a-t-il fait valoir, soulignant que, si on prend en compte l’ensemble de ces promotions, le bilan est quasiment équitable. François de Laportalière a également souligné que, à la CEIDF, l’index d’égalité salariale hommes/femmes – un indicateur que les entreprises de plus de 1.000 salariés doivent obligatoirement publier depuis mars dernier – atteint le score honorable de 94 points sur 100.

Huit salariées intégrées l’action de groupe

La CGT, de son côté, estime que cet index, dont les modalités ont été mises au point par le gouvernement, ne rend pas compte de manière fiable de la situation dans l’entreprise. Par exemple, affirme-t-elle, l’indice évalue si une proportion comparable d’hommes et de femmes bénéficie d’une augmentation, mais ne sanctionne pas une situation où l’entreprise augmenterait les hommes beaucoup plus que les femmes.

L’action de groupe permet à un juge d’ordonner des mesures pour mettre fin aux discriminations et réparer le préjudice subi par toutes les personnes intégrées dans le groupe concerné. En l’occurrence, dans ce dossier, toutes les femmes salariées dans l’entreprise ont vocation à intégrer le groupe, a expliqué l’une des avocates qui défend le dossier, Me Savine Bernard, même si, pour l’heure, les cas de huit salariées seulement ont été versés au dossier.