Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation à Nancy, le 5 avril 2019.
Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation à Nancy, le 5 avril 2019. — POL EMILE / SIPA/SIPA

ELITE

Grandes écoles: La ministre de l'Enseignement supérieur souhaite améliorer la «diversité géographique et sociale»

La ministre se dit notamment prête à créer des voies alternatives aux concours

Polytechnique, HEC, Essec, Normal' Sup… Les grandes écoles peuvent aller plus loin en matière de diversité de leurs élèves. C’est le message de la ministre de l’Enseignement supérieur, qui a demandé des propositions aux directeurs de ces institutions françaises.

« Il est temps d’avoir, dans nos grandes écoles, une représentation plus ressemblante de notre société, dans sa diversité géographique et sociale », déclare Frédérique Vidal dans une interview au Monde publiée ce mardi. La ministre fait ces déclarations alors que l’avocat et énarque Frédéric Thiriez, a déjà été nommé par le président de la République pour travailler sur la suppression de l'ENA, qui est dans le périmètre de la fonction publique.

11 % de boursiers à Polytechnique

Selon la ministre, l’enseignement supérieur compte « 38 % de boursiers, mais ils sont seulement 19 % à l’Ecole normale supérieure (Paris) ou encore 11 % à Polytechnique, qui ne réunissait que 2 % d’enfants d’ouvriers et d’employés dans sa dernière promotion ». Frédérique Vidal annonce qu’elle va envoyer ce mardi « une lettre de mission aux directeurs de l’Ecole Polytechnique, des écoles normales supérieures (Paris, Saclay, Lyon) mais aussi d’HEC, de l’Essec et de l’ESCP Europe, qui sont partants pour s’engager sur le sujet ». Les premières propositions sont attendues « mi-juillet ». La ministre se dit notamment prête à créer des voies alternatives aux concours.

« Sciences Po a été pionnier avec cette autre voie d'entrée ouverte en 2001 [pour les lycéens de quartiers défavorisés], mais il est intéressant de noter que l’école réfléchit actuellement à aller plus loin », note-t-elle. « Trois aspects devront être examinés », selon elle : « la diversification des voies d’accès, le contenu des formations et la vie étudiante, ainsi que l’égal accès aux fonctions et aux emplois à la sortie. S’il faut en passer par la voie législative, on le fera. »

« Il n’est plus possible d’avoir des chances infinitésimales de rejoindre certains grands établissements si on ne vient pas d’une classe préparatoire parisienne », ajoute-elle, mettant en avant une « volonté politique forte ».