Vendée: Pourquoi les pompiers font désormais payer certaines interventions

SECOURS Cinq types de déplacements sont facturés depuis le 1er juin dernier

J.U.

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Un camion de pompiers.
Un camion de pompiers. — LANCELOT FREDERIC/SIPA
  • Depuis ce week-end, les pompiers de Vendée font payer certaines interventions.
  • Une solution qui vise à recentrer le Sdis sur ses missions de secours, et qui n'est pas une nouveauté en France ou dans la région.

Porte claquée avec les clés laissées à l’intérieur, grosse fuite d’eau, chat coincé en haut d’un arbre… Depuis ce week-end, les pompiers de Vendée facturent certaines interventions. Selon le Sdis 85, il s’agit de missions pour lesquelles il n’y a pas de danger immédiat, et qui devraient être effectuées par des entreprises privées. Pourtant, les particuliers hésitent de moins en moins à appeler les soldats du feu pour ces désagréments de la vie quotidienne.

Depuis samedi, il faudra donc débourser 376 euros pour cinq types de demandes, sauf s’il y a bel et bien un danger qui en résulte. Sont concernées les ouvertures de porte, les dépannages d' ascenseurs, les interventions liées aux dégâts des eaux (sauf en cas de grosses intempéries), les destructions de nids d’insectes ou encore les  captures d'animaux. « Jusqu’ici, on disait aux gens que ce n’était pas à nous d’intervenir pour ce genre de choses mais certains insistent, appellent plusieurs fois, voire rusent, raconte l’un d’entre eux. L’astuce, c’est de dire qu’ils ont claqué la porte mais que le gaz est resté allumé, une casserole sur le feu, ce qui nous oblige à nous déplacer… » Un mensonge qui coûtera désormais cher.

En Loire-Atlantique, depuis 2013

Cette solution, permise par la loi et déjà recommandée par la Cour des comptes dans un rapport en 2011, n’est pas une nouveauté en France ni dans la région. En Loire-Atlantique, depuis 2013, les pompiers facturent 50 euros pour une ouverture de porte, 297,40 euros lorsqu’il s’agit de libérer une personne bloquée dans un ascenseur. « Cette intervention doit être réalisée par les ascensoristes. Dans le cas où ces derniers ne peuvent pas intervenir ou mettent trop de temps, ils font appel aux sapeurs-pompiers. La facturation est alors envoyée aux sociétés d’ascenseurs », indique-t-on au Sdis 44. Quant aux appels relatifs aux nids de guêpes, les opérateurs ont sous la main une liste d’entreprises spécialisées systématiquement communiquée. Les pompiers du Maine-et-Loire ont aussi pris cette décision.

Le but de cette tarification est bien de limiter les appels ou en tout cas les déplacements, et non de renflouer les caisses, indiquent les pompiers. Objectif final : « donner une priorité à l’engagement des services de secours aux véritables urgences et situations de danger immédiat pour les personnes comme pour les biens et l’environnement ». Il faut dire que ces dernières années, l’activité des pompiers s’est accrue. En Vendée, on parle de +25 % en quatre ans, avec dans le lot plus d’un millier d’interventions « inutiles » comptabilisées en 2018. « Dans tous les autres cas d’urgence, la gratuité des secours reste un principe essentiel », assure le Sdis de Vendée, pour éteindre toute polémique.

 

D'autres types d'interventions

D'autres types d'interventions sont facturées dans certains départements en France (Vienne, Calvados...): il peut s'agir de déplacements pour déclenchement d’alarme intempestif, mais aussi en cas de carence d'ambulance. Les tarifs sont fixés par les services départementaux d'incendie et de secours.