VIDEO. Lyon: L'augmentation vertigineuse du nombre d'accidents de trottinettes alerte des services d'urgence

PHENOMENE Certains services d'urgence des hôpitaux de la ville ont constaté une recrudescence du nombre d'accidents dans les trois derniers mois avec à la clé, d'importants traumatismes

Caroline Girardon

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Entre piéton et engin motorisé, les trottinettes électriques n'ont pas encore de réglementation propre.
Entre piéton et engin motorisé, les trottinettes électriques n'ont pas encore de réglementation propre. — martin-dm/Getty Images
  • Depuis le déploiement des trottinettes électriques en libre-service à Lyon, le nombre d’accidents s’est accru de façon vertigineuse.
  • Dans certains services d’urgence de la ville, on enregistre une augmentation de 115 % en l’espace de trois mois.
  • Les blessés souffrent en général d’importants traumatismes semblables à ceux observés chez les usagers de deux roues.

Un phénomène qui inquiète. Depuis le déploiement massif des trottinettes électriques en libre-service dans les rues de Lyon, les accidents de circulation impliquant leurs utilisateurs ont considérablement augmenté. En atteste le nombre de passages enregistrés dans les différents services d’urgences des hôpitaux de la ville.

« Avant le mois de janvier, on avait très peu d’accidents de trottinettes. Cela concernait quelques enfants et quasiment aucun adulte. Depuis le début de l’année, on reçoit au mois 2 ou 3 patients par jour, soit une moyenne de 60 par mois », détaille Victor Guérand, médecin urgentiste au Médipôle à Villeurbanne.

Une progression de 115 % en trois mois

« Entre les mois de septembre et de décembre, nous avons eu 35 blessés. Entre janvier et mars, nous sommes passés à 145. Soit une progression de plus de 115 % », révèle de son côté Philippe Schèle, adjoint du service chirurgie orthopédique et traumatologie du centre hospitalier lyonnais Saint-Joseph-Saint-Luc, précisant que ce type de traumatismes « représente environ 12 % du total des accidents de la route pris en charge » au CH. Les HCL, hospices civils de Lyon, eux, n’ont pas tenu à communiquer sur le sujet.

« Ce ne sont pas des petites blessures comme des entorses. Ce sont souvent des traumatismes inhabituels comparables à ce que l’on peut rencontrer chez les usagers de deux roues comme les motos, les mobylettes ou les scooters », poursuit le médecin relevant que les utilisateurs ne portent généralement pas de casques. Les fractures de l’épaule, du coude, des poignets, de la jambe ou de la cheville sont le plus souvent observées ainsi que d’importantes plaies au visage ou des traumatismes crâniens.

« Les 20-30 ans constituent la population majoritairement touchée »

« On recense des cas graves nécessitant parfois des opérations en urgence. L’autre jour, nous avons dû opérer un patient qui souffrait d’une fracture du pancréas. La veille, il était tombé et le guidon de l’engin lui était rentré dans le ventre », témoigne Victor Guérand. Et d’ajouter que la plupart des patients sont des « jeunes ». « Mais parfois, on reçoit également des piétons renversés par des trottinettes ».

« Les trois quarts des accidentés ont moins de 45 ans et les 20-30 ans constituent la population majoritairement touchée », confirme Philippe Schèle, pointant notamment la vitesse à laquelle les usagers roulent. Aujourd’hui, les engins déployés à Lyon peuvent circuler jusqu’à 25 km/h. Lime, le premier opérateur de trottinettes en libre-service à s’être implanté entre Rhône et Saône, a annoncé que ses modèles seront bridés à 8 km/h dans les zones piétonnes…. uniquement. Il est pour l’instant le seul à avoir pris cette décision.