Auvergne Rhône-Alpes: La fermeture des guichets SNCF dans les petites et moyennes gares suscite l'inquiétude

TRANSPORTS Des élus de la région Auvergne Rhône-Alpes ont lancé une pétition. La SNCF précise qu'il n'y a pourtant aucun plan de fermeture des guichets 

Caroline Girardon

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Lille, le 12 dŽcembre 2011. Depuis le 11 dŽcembre, la SNCF change les horaires de ses trains appelŽ le 'cadencement'. Les trains partiront dŽsormais ˆ la mme minute de chaque heure. Illustration ici en gare de Lille Flandres.
Lille, le 12 dŽcembre 2011. Depuis le 11 dŽcembre, la SNCF change les horaires de ses trains appelŽ le 'cadencement'. Les trains partiront dŽsormais ˆ la mme minute de chaque heure. Illustration ici en gare de Lille Flandres. — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Des élus du groupe PS et démocrates de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont lancé une pétition pour dénoncer la fermeture de 34 guichets SNCF dans les petites et moyennes gares et la disparition d’un service public.
  • La SNCF précise qu’elle n’a établi aucun plan de fermeture.
  • Elle assure travailler sur d’autres solutions comme la vente de billets par un tiers.

Il veut « tirer la sonnette d’alarme ». Le groupe socialiste et démocrate de la région Auvergne-Rhône-Alpes vient de lancer une pétition pour dénoncer la fermeture des guichets SNCF dans les gares des « petites villes ». « Un recul sans précédent du service public ferroviaire est en train de s’opérer dans le plus grand silence », s’insurge Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et président du groupe.

Dans la région, 22 guichets auraient déjà disparu et 12 pourraient être rayés de la carte avant 2020. « On se retrouve avec 34 gares fantôme dans lesquelles au mieux un distributeur automatique de billets fonctionne mais ce n’est pas garanti. Si l’on voulait tuer des gares et des lignes, on ne s’y prendrait pas autrement », poursuit l’élu qui voit « une volonté manifeste de la SNCF et de l’Etat de continuer de dissuader les gens de prendre le train ».

« Ils vident les gares pour fermer certaines lignes »

« Ils vident les gares pour ensuite dire qu’elles ne sont pas rentables et fermer certaines lignes, notamment celles qui sont moins fréquentées », accuse-t-il montrant tour à tour les deux cartographies des fermetures de guichets et des lignes épinglées par le rapport Spinetta. « C’est une illustration de plus du recul volontaire du service public », appuie Didier Vuillerme, conseiller régional, membre de la commission des Transports.

De son côté, la Région a rappelé qu’elle ne « cautionnait pas ces fermetures de guichet décidées par la SNCF ». « La Région a demandé clairement et dans la convention à la SNCF de prévenir les élus locaux en amont pour trouver des solutions alternatives à la distribution des titres de transport », explique Martine Guibert, vice-présidente déléguée aux transports, précisant que le problème n’est toutefois pas nouveau. « En 2012 ? 2013 , 2014, il y avait environ 10 fermetures par an uniquement en Rhône-Alpes ! », argumente-t-elle.

La SNCF, que 20 Minutes a contacté, n’a pas souhaité commenter les chiffres établis par les lanceurs d’alerte. Mais affirme n’avoir établi « aucun plan de fermeture des guichets ». « La proximité fait partie du cœur de notre ADN. Il ne s’agit pas de se retirer des territoires mais de réinventer la façon dont on s’y implante », argumente l’entreprise ferroviaire, précisant que la « digitalisation » a amené des changements dans les habitudes de consommation et de déplacements des usagers.

D’autres solutions de distribution

« Aujourd’hui, plus de 8 clients sur 10 achètent leurs billets sur Internet ou via leur smartphone », précise-t-elle. « Au début de l’année 2018, 16 % de ventes de tickets TER étaient digitales. Aujourd’hui, on est à 40 % et l’objectif est d’atteindre les 70 % en 2020 », poursuit la SNCF.

« La réalité est que les ventes baissent au guichet des gares. Pour autant, nous n’oublions pas les clients qui n’ont pas accès à Internet ou n’ont pas cette culture-là. On trouve d’autres modes de distribution, d’autres solutions en lien avec les collectivités locales. Comme la vente des tiers », assure-t-elle. Dans le Cantal par exemple, où plusieurs guichets ont été supprimés, les utilisateurs peuvent désormais acheter leurs billets à l’Office du Tourisme. Des camionnettes mobiles circulent également dans certains villages deux fois par semaine et tiennent des permanences sur les marchés ou les campus.

« Nous sommes en lien également avec les buralistes, les boulangeries ou les bureaux de tabac des communes. Des espaces ventes sont aussi installés dans des bureaux de postes », indique l’entreprise, révélant qu’à partir du mois de juin, le 36.35 sera désormais détaxé. Par ailleurs, dès le mois de juin également, les conseillers clients d’Allô TER, basés dans un centre d’appel à Clermont-Ferrand, seront habilités à vendre des billets TER sur simple appel téléphonique, avec envoi gratuit à domicile.