Saint-Malo: Deux salariés d’un hypermarché Cora licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche

SOCIAL L’une des deux employés entend attaquer son employeur aux prud’hommes

M.Pa avec AFP

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Illustration de l'enseigne d'un hypermarché Cora.
Illustration de l'enseigne d'un hypermarché Cora. — Mourad Allili / SIPA

Ils étaient employés de l’hypermarché Cora de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) depuis respectivement dix-huit et huit ans, la première comme hôtesse d’accueil et caissière, le second au rayon crémerie. Fin avril, ces deux salariés ont été licenciés pour faute grave et « insubordination », relate Europe 1. Leur faute ? Avoir simplement refusé de travailler le dimanche.

Aucune mention de travail dominical sur les contrats

« Les explications recueillies auprès de vous lors de notre entretien ont été claires et vous avez mentionné le refus total de venir travailler le dimanche matin », a écrit le directeur du magasin dans le courrier de licenciement adressé à la salariée, consulté par l’AFP. « Au vu de ces éléments, je me vois contraint de vous notifier votre licenciement immédiat pour faute grave », a-t-il ajouté.

« Dix-huit ans qu’elle fait bien son travail, qu’on ne lui fait aucun reproche et on la licencie pour un dimanche », s’indigne Cyril Lechevestrier, délégué syndical central adjoint CFTC chez Cora, interrogé par l’AFP. Le syndicaliste est d’autant plus scandalisé qu’aucune mention de travail dominical ne figure sur les contrats de travail. Et la salariée assure n’avoir « signé aucun avenant » depuis la décision de la direction d’ouvrir tous les dimanches matin, à partir de mars 2018. Une annonce qui avait suscité un tollé parmi les employés à l’époque.

L’accord de la salariée nécessaire selon l’inspectrice du travail

Selon le droit du travail, seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur peuvent travailler le dimanche. Mais le Cora de Saint-Malo n’a jamais fait appel au volontariat. Dans un courrier, l’inspectrice du travail de Saint-Malo affirme que « l’accord de la salariée » lui « semble nécessaire », celle-ci précisant avoir signé un contrat de travail « avec une répartition des horaires (…) sur six jours du lundi au samedi ».

Si la direction du magasin n’a pas souhaité s’exprimer, la CFTC indique que la salariée – le doute subsiste sur les intentions de son collègue – envisage de saisir le conseil des prud’hommes. « Le salarié a tout à fait le droit de refuser de travailler un jour de repos », souligne François Macquaire, syndicaliste CFTC, en mettant en avant le respect de la vie privée.