Affaire Vincent Lambert: Les avocats des parents à l’hôpital pour vérifier la reprise des traitements

DECISION La cour d’appel de Paris, saisie par les parents de Vincent Lambert, a ordonné lundi soir le rétablissement des traitements, interrompus depuis lundi matin

20 Minutes avec AFP

— 

Reims, le 15 juillet 2015. Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent, se rendent à l'hôpital Sébastopol où est soigné leur fils.
Reims, le 15 juillet 2015. Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent, se rendent à l'hôpital Sébastopol où est soigné leur fils. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Après la décision de la cour d’appel de Paris, lundi soir, de reprendre les traitements de Vincent Lambert, les avocats des parents de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis dix ans se sont rendus, ce mardi matin, au centre hospitalier de Reims pour vérifier la mise en œuvre de la procédure.

La décision de la cour d’appel de Paris a été fêtée par la famille de Vincent Lambert, et notamment par sa mère, Viviane, qui a salué « une très grande victoire ». De son côté, son neveu François, favorable à l’arrêt des traitements, a, lui, dénoncé du « sadisme pur ».

La suspension de toute décision d’arrêt des traitements

Les deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe et Me Jean Paillot, se sont rendus dans la matinée à l’hôpital de Reims pour « s’assurer que l’alimentation et l’hydratation seront effectivement reprises ». Lundi soir, la cour d’appel de Paris a « ordonné à l’Etat français (…) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation » de Vincent Lambert.

Le CDPH, comité de l’ONU, avait demandé à la France de suspendre toute décision d’arrêt des traitements​ dans l’attente d’un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que cette préconisation « est dépourvue de caractère contraignant », mettant en avant le « droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable ».

La décision de la cour d’appel est « provisoire »

L’interruption des traitements, couplée à la mise en œuvre d’une « sédation profonde et continue », avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le docteur Vincent Sanchez en avril 2018 et validée par le Conseil d’Etat fin avril. Jusqu’à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents avaient échoué.

La famille est coupée en deux camps, d’un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l’arrêt des traitements, de l’autre autour de son épouse et tutrice Rachel et son neveu François, qui entendent mettre fin à cet « acharnement thérapeutique » et affirment que l’ex-infirmier psychiatrique âgé de 42 ans avait pris position contre tout acharnement thérapeutique. En état végétatif depuis un accident de la route en 2008, il n’a pas laissé de directive anticipée écrite. Selon les avocats des parents, la décision de la cour d’appel est « provisoire » d’une « durée de six mois, permettant au comité de l’ONU d’étudier le dossier ».