Bretagne: Très en retard, la région veut fibrer tous ses habitants à l’horizon 2026

INTERNET Un contrat de près d’un milliard d’euros vient d’être signé avec le groupement Axione-Bouygues pour le déploiement de la technologie

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un technicien intervenant sur une armoire de raccordement à la fibre optique.
Illustration d'un technicien intervenant sur une armoire de raccordement à la fibre optique. — M. Libert / 20 Minutes
  • Très en retard sur ses objectifs initiaux, la région Bretagne a prévu d’accélérer le déploiement de la fibre optique.
  • D’ici à fin 2026, tous les foyers bretons devraient avoir été raccordés à la technologie.
  • Pour atteindre cet objectif, la région vient de signer un important contrat avec le groupement Axione-Bouygues.

Pour beaucoup de Bretons, la fibre optique reste encore une belle inconnue. Hormis dans les grandes villes, couvertes par les opérateurs privés, le très haut débit se fait en effet attendre dans les zones rurales. Il faut dire que la région a pris beaucoup de retard dans le déploiement de la technologie.

Au moment de la signature de son projet Bretagne Très Haut Débit, la région, via son syndicat mixte Mégalis Bretagne, prévoyait ainsi le raccordement de 240.000 prises à la fibre optique en 2020. A quelques mois de l’échéance, on en est très loin, « autour des 100.000 prises », selon Loïg Chesnais-Girard. « Il y a une situation de misère numérique dans certaines communes qui est inacceptable », estime le président de région.

Plus d’un million de prises à raccorder

Face à la colère des habitants et des élus, qui s’estiment exclus, la Bretagne a décidé de revoir sa copie et de passer la vitesse supérieure. Elle a signé ce lundi un contrat de 945 millions d’euros avec le groupement Axione-Bouygues pour assurer le déploiement des phases 2 et 3 de son projet. A l’horizon 2026, et non plus 2030 comme cela était initialement prévu, toute la région devrait donc avoir été fibrée.

Bouygues s’engage pour cela à déployer 400.000 prises entre 2020 et 2023, puis 600.000 autres dans un second temps. « En dehors du Grand Paris, ce sera le plus grand chantier de travaux publics de France », a souligné Philippe Bonnave, PDG de Bouygues Construction. Au total, plus d’un millier d’ouvriers et de techniciens seront mobilisés sur ce chantier. « Et il n’y aura aucun travailleur détaché sur cette opération », prévient Philippe Bonnave.

Pas d’élagage, pas de fibre

Pour atteindre cet objectif ambitieux, la région n’a pas prévu de faire dans la dentelle, notamment sur la question de l’élagage des plantations, indispensable au déploiement de la fibre. « Les communes devront avoir pris leurs dispositions pour que l’élagage soit fait en temps et en heure. Si elles ne jouent pas le jeu, on les sautera. C’est un peu brutal mais on n’a pas d’autre choix », a souligné Loïg Chesnais-Girard.

Une fois les prises raccordées, les clients pourront ensuite choisir l’opérateur de leur choix. Seul fournisseur jusqu’à présent dans la région, Orange aura bientôt de la concurrence avec l’arrivée prochaine de Bouygues sur le marché. « Mais nous discutons aussi avec d’autres opérateurs », prévient le président de région, sans donner plus de précisions sur l’avancée des discussions.