VIDEO. «L’effet de surprise ne dure pas longtemps»... On a suivi un inspecteur du travail lors d'un contrôle sur un chantier

REPORTAGE La direction départementale du travail voulait cibler en particulier les risques de chute de hauteur

Mikael Libert

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Un inspecteur du travail contrôle un chantier de BTP près de Lille.
Un inspecteur du travail contrôle un chantier de BTP près de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La Direction du travail vient d’organiser une semaine de prévention des risques de chute de hauteur.
  • De nombreux contrôles ont été diligentés, notamment sur des chantiers de BTP.
  • Un inspecteur du travail est allé visiter un chantier de construction de logements à Bondues. 20 Minutes l’a suivi.

Moins dure sera la chute. La Direction du travail (DIRECCTE) des Hauts-de-France veut prévenir les risques de chutes de hauteur, notamment dans le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP). Lundi matin, 20 Minutes a pu suivre un inspecteur du travail lors du contrôle d’un chantier, à Bondues, près de Lille..

Rendez-vous à 9h30, au pied d’un chantier de construction de logements en plein centre-ville de Bondues. Jérôme Madoux, inspecteur de l’unité de contrôle de Roubaix – Tourcoing, n’avait évidemment prévenu personne de sa visite. « L’effet de surprise ne dure pas longtemps, notre présence fait rapidement le tour », plaisante le fonctionnaire. Là, on est sur un chantier moyen mené par une grosse entreprise. « A première vue, ça a l’air pas mal », glisse l’inspecteur avant d’aller se présenter au chef de chantier.

« On a l’habitude, ce n’est pas la peine de stresser »

L’homme ne semble pas surpris. « On a l’habitude, ce n’est pas la peine de stresser », confie-t-il en fouillant dans son dossier de sécurité. « Les grosses entreprises encore davantage que les petites ont tout intérêt à être carrées », estime Jérôme Madou. Parce qu’en cas de pépin, ça peut coûter cher. « Si l’on constate un danger grave et imminent, nous pouvons arrêter les travaux dans la partie concernée jusqu’à la mise en conformité », ajoute l’inspecteur. Et dans le BTP, le temps, c’est de l’argent.

Même s’il est là spécifiquement pour les risques de chutes de hauteur, le fonctionnaire garde l’œil ouvert sur le reste. La non-présentation des cartes professionnelles, les bouts de ferraille qui dépassent, les trous non bouchés… « On sait très bien qu’il y aura toujours des remarques lors d’un contrôle. Mais sur un chantier, le risque zéro n’existe pas. On fait de notre mieux pour le réduire », reconnaît le chef de chantier.

« Le pire, ce sont les mauvaises habitudes de travail »

« Là, il y a quelques petites choses qui ne vont pas. Pour autant, ce n’est pas le nombre de remarques qui compte. Une seule, mais grave, peut entraîner un arrêt des travaux », insiste l’inspecteur. Pour lui, la sécurité, c’est aussi beaucoup de bon sens : « Le pire, ce sont les mauvaises habitudes de travail, les mauvais réflexes. »

A chaque ouverture vers l’extérieur correspond une protection. Au second étage de l’un des bâtiments, le placement d’une échelle laisse à désirer. « En montant dessus, un ouvrier pourrait facilement basculer dans le vide », remarque Jérôme Madou. Face à l’évidence, le chef de chantier acquiesce et envoie un de ses gars pour rectifier le tir.

« Sur les gros chantiers, on est toujours bien reçus. Mais sur les petits, comme de la rénovation de toiture chez des particuliers, c’est autre chose. Et les artisans ne se privent pas de nous dire ce qu’ils pensent de notre travail », déplore l’inspecteur. Ce lundi matin, on n’a pas entendu de noms d’oiseaux. L’entrepreneur va s’en tirer avec une lettre d’observation rappelant les quelques points à corriger. « Mais ce risque de chutes de hauteur existe, insiste Jérôme Madou. L’année dernière, un ouvrier est mort en tombant dans une cage d’ascenseur non protégée », souligne-t-il.