VIDEO. Affaire Vincent Lambert: L'arrêt des soins a commencé, ses parents saisissent à nouveau la CEDH

HOPITAL Cette affaire est devenue le symbole du débat sur la fin de vie, qui déchire sa famille depuis six ans

20 Minutes avec AFP

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L'hôpital Sébastopol à Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert depuis septembre 2008.
L'hôpital Sébastopol à Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert depuis septembre 2008. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Il est devenu malgré lui le symbole du débat sur la fin de vie. L’arrêt des soins de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de 10 ans, a débuté ce lundi matin au CHU de Reims, a-t-on appris auprès de l’avocat des parents et de source familiale. Ses parents, opposés à cette décision, ont saisi une nouvelle fois la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Conseil d’Etat ce lundi.

« C’est une honte, un scandale absolu, ils n’ont même pas pu embrasser leur fils », a réagi auprès de l’AFP Me Jean Paillot, avocat des parents, farouchement opposés à l’interruption des traitements, qui a commencé à l’hôpital Sébastopol sur décision du médecin Vincent Sanchez. Ils ont saisi la CEDH selon une procédure d’urgence pour demander le maintien des soins prodigués à leur fils, a annoncé la Cour. Le Conseil d’Etat annonce également avoir été saisi.

Une sédation « profonde et continue »

Les parents et deux autres membres de sa famille s’appuient sur la demande du Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU qui a souhaité que la France suspende toute décision en attendant son examen sur le fond, a précisé la CEDH. Validée par le Conseil d'Etat fin avril, l’interruption des soins prévoit, selon une source médicale, l’arrêt des machines à hydrater et alimenter ainsi qu’une sédation « contrôlée, profonde et continue » de cet homme aujourd’hui âgé de 42 ans, ainsi qu’une prise d’analgésiques « par précaution ».

Tragédie intime à l’origine, cette affaire est devenue le symbole du débat sur la fin de vie et déchire sa famille depuis six ans : d’un côté, les parents fervents catholiques, un frère et une sœur s’opposent à l’arrêt des soins ; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient veulent mettent fin à cet « acharnement thérapeutique ».