Affaire Lambert: «La vie pour Vincent !», rassemblement devant le CHU contre l'arrêt des traitements

JUSTICE Les manifestants dénoncent ce qui serait selon eux une « euthanasie déguisée »

J.-L. D. avec AFP

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Manifestations pour Vincent Lambert
Manifestations pour Vincent Lambert — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

« La vie pour Vincent ! » : environ 200 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi devant le CHU de Reims pour soutenir les parents de Vincent Lambert et protester contre l'arrêt des traitements – programmé à partir de lundi – de ce patient en état végétatif depuis plus de dix ans.

« Je suis Vincent Lambert », « Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, nourrissez Vincent Lambert », « Ne laissez pas Vincent mourir de faim », « France qu’as-tu fait de ton baptême ? », pouvait-on lire sur les pancartes de ce rassemblement à l’appel de ses parents, Pierre, 90 ans, et Viviane, 73 ans, fervents catholiques, avec l’association « Je soutiens Vincent ».

« Vincent est enfermé à clef dans le couloir de la mort »

Les parents de Vincent, accompagné de son frère, David Philippon, également opposé à l’arrêt des soins, sont arrivés sous la pluie et sous les applaudissements, rompant le silence qui régnait auparavant.

« Vincent est enfermé à clef dans le couloir de la mort », a lancé à la presse devant les grilles fermées de l’hôpital Sébastopol Mme Lambert, convaincue que son fils « n’est pas en fin de vie, qu’il n’est pas sous obstination déraisonnable. »

Une euthanasie déguisée selon les manifestants

« Ils sont en train de le tuer, c’est de l’euthanasie déguisée. Ils le tuent, mon fils. On est partis trois jours, on est revenus, il pleurait quand il nous a reconnus. C’est horrible, j’ai toutes ces vidéos, je les montrerai un jour », a-t-elle raconté. « On se battra encore et on se battra encore. »

Venue avec un bouquet de muguet à la main, elle devait ensuite rendre visite à son fils et lui apporter ces fleurs. Pour elle, « Vincent doit vivre, c’est un handicapé, c’est tout. » « On va détruire tous les handicapés ? C’est pas possible. Il y en a 1.700 comme lui, ses compagnons d’infortune qui sont là, avec lui », a-t-elle lancé.

Volonté de le transférer dans une unité spécialisée

Parmi les manifestants, des catholiques pour qui l’arrêt des soins est, comme dit la mère, une « euthanasie déguisée ». « Je suis très inquiet. Je suis très inquiet qu’on utilise le cas de Vincent Lambert pour légaliser l’euthanasie », a confié David, 49 ans, de Châlons-en-Champagne.

« Vincent Lambert doit être transféré dans une unité spécialisée pour lui apporter les soins adéquats », a estimé Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita. Un avis partagé par Bruno, 63 ans, médecin neurologue à Lille et Paris.

Rémi, 71 ans, pense surtout à Viviane Lambert. « Pour elle, c’est l’horreur de l’horreur », déplore-t-il. La décision d’arrêter les traitements de Vincent Lambert, est au coeur d’une bataille judiciaire depuis 2013, qui oppose deux parties de sa famille : d’un côté, les parents, un frère et une soeur s’y opposent ; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs du patient veulent qu’il soit mis fin à un « acharnement thérapeutique ».