Otages enlevés au Bénin: Les obsèques d'Alain Bertoncello ont été célébrées

HOMMAGE Alain Bertoncello a été tué lors de la libération des otages, enlevés au Bénin le 1er mai

20 Minutes avec AFP

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Samedi matin, lors des obsèques d'Alain Bertoncello.
Samedi matin, lors des obsèques d'Alain Bertoncello. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP

« On peut tous être fiers de notre Alain » ; « c’était un héros pour nous tous » : comme son meilleur ami, ou la maire, tout son village de Montagny-les-Lanches (Haute-Savoie) a rendu ce samedi hommage à Alain Bertoncello, l’un des deux militaires tués le 10 mai au Burkina Faso.

Ciel plombé, vol lent de deux hélicoptères au-dessus de la petite église néogothique, Sur un prélude de Bach de Maurane en fond sonore, la cérémonie a commencé dans une atmosphère de grande mélancolie. Le cercueil était arrivé au milieu d’une haie d’honneur de cinquante drapeaux, et de dizaines de marins et de parachutistes en béret rouge.

Des roses blanches

Une trentaine de membres du commando Hubert de nageurs de combat auquel appartenait le militaire de 28 ans, en béret vert et visage masqué pour préserver leur anonymat, ont été applaudis à leur entrée dans l’église. Six d’entre eux ont porté à la sortie le cercueil recouvert du drapeau national.

Ses amis d’avance étaient venus, chacun avec une rose blanche. Les centaines de personnes présentes ont suivi la cérémonie par haut-parleur, après avoir pu signer des registres de condoléances sur la place. Lors de la cérémonie, où la tante du jeune homme jouait de l’harmonium et sa sœur Aude de la flûte traversière, les hommages ont décrit un jeune homme remarquable, au-delà de l’émotion de circonstance.

Sa compagne Lea a indiqué qu’il avait fait d’elle « la femme la plus heureuse du monde ». Son ami Maxime Chatelain a rappelé comment il avait « son destin tout tracé » dans l’armée, lui qui « était à l’aise sur terre, dans l’eau, dans les airs » et… maîtrisait « même le feu, quand il allumait le barbecue ». « Mais j’ai toujours été impressionné par ton humilité », a-t-il ajouté en sanglotant.

Un homme « entier »

« Il avait le don de savoir détendre l’atmosphère en racontant des blagues que seul lui pouvait comprendre », a souri un de ses compagnons d’arme. Mais c’était aussi « un véritable guerrier, un lion aux capacités physiques remarquables », « qui était en tête pour sauver les otages ». Un homme « entier », a résumé l’aumônier intérimaire du commando Hubert, le père Ollivier Guillou.

Fils des deux enseignants, Danielle et Jean-Luc, Alain Bertoncello avait vécu dix-huit ans à Montagny-les-Lanches, 720 habitants. Il est mort avec un autre membre du commando Hubert, Cédric de Pierrepont, 33 ans, lors d’une opération de libération de deux otages français enlevés au Bénin, qui a aussi permis de sauver une otage américaine et une coréenne. Les obsèques de Cédric de Pierrepont ont été célébrées mercredi dans le Morbihan.